La fédération des chasseurs met en place une "prime à la queue de renard" en Charente-Maritime

Pour 35 queues de renards, un permis de chasse intégralement remboursé. Celui qui fera une razzia se verra offrir une prime de 500 euros.

L’officier Rick James, du ministère australien des Ressources Naturelles et de l’Environnement, présente des queues de renards déposées contre une prime de 10 dollars australiens, dans la ville de Ballarat, le 6 août 2002. © Photo by PAUL CROCK / AFP

"Les premiers écologistes de France" ont encore frappé. La Fédération nationale des chasseurs de France propose aux chasseurs de devenir en plus chasseurs de primes. L’antenne régionale charentaise de cette organisation a mis en place cette année en Charente-Maritime des "primes au mérite", attribuées à ceux qui tuent le plus de renards.

Le fonctionnement est simple : il faut rapporter la queue de l’animal "chez un équipementier partenaire" pour prouver qu’il a été éliminé. Pour un minimum de 35 queues de renards récoltées, le coût du permis de chasse sera intégralement remboursé.

Le chasseur ayant rapporté le plus de queues de renards se verra pour sa part recevoir une prime de 500 euros, rapporte Le Parisien qui a eu accès au courrier de la Fédération adressée à ses chasseurs membres. Il s’agit d’une pratique commune, qui existe dans d’autres régions pour plusieurs animaux et depuis longtemps.

Les renards roux sont classés comme "nuisibles", en partie en raison des maladies qu’ils pourraient propager. Pourtant, beaucoup d’ONG de protection animale défendent leur utilité, notamment du fait que ce sont de remarquables prédateurs, ou qu’ils jouent un grand rôle dans la dissémination des graines. D’après l’Association pour la Protection des Animaux Sauvages, entre 600 000 et un million de renards sont éliminés chaque année.

L’association de défense animale One Voice a réagi en s’indignant : "Une prime au mérite pour 'éliminer massivement' les renards roux ?! Aimer la chasse est vraiment synonyme de puits sans fond à idée pour tuer". L’ONG a annoncé qu’elle comptait attaquer en justice et elle "demande au ministère de l’Écologie le retrait immédiat du renard roux de la liste des nuisibles". Quant à la fondation 30 millions d’amis, elle a considéré que les chasseurs n’avaient "plus aucune limite".