Selon Greenpeace, Monsanto a créé des groupes d'“agriculteurs fantômes” pour soutenir le glyphosate

Greenpeace accuse Monsanto d’avoir créé des groupes fictifs pour vanter les bienfaits de son produit largement suspecté d’être cancérogène.

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Des agriculteurs fantômes dans plusieurs pays d’Europe, comme l’Italie ou l’Angleterre, pour appuyer les bienfaits du glyphosate ? Ce serait l’invention de la multinationale Monsanto, selon l’ONG Greenpeace.

Le glyphosate est un herbicide puissant commercialisé par Monsanto sous le nom de Roundup. Il est classé depuis mars 2015 dans la liste des "cancérogènes probables" par le Centre international de recherche sur le cancer, une agence de l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

L’équipe chargée de l’investigation chez Greenpeace révèle donc l’existence de groupes d'"agriculteurs fantômes". Il s’agirait de groupes fictifs, montés de toutes pièces par Monsanto à l’aide d’un cabinet de lobbying, permettant de peser dans les débats sur l’autorisation du glyphosate dans l’Union européenne. En France, c’est le groupe “Agriculture et liberté” qui tient ce rôle, d’après l’ONG.

Ce dernier se présente sur Twitter comme “un groupe d’agriculteurs français qui se sont unis pour protéger notre mode de vie et nos moyens de subsistance”. En réalité, derrière ce compte, se cacherait le lobby Red Flag Consulting, dont le siège est à Dublin, révèle Greenpeace. Son lien avec Monsanto figure sur le registre de transparence de l’Union européenne et le cabinet aurait touché entre 100 000 et 200 000 euros de la part de Monsanto en 2017.

Le groupe assure être constitué de "vrais" agriculteurs

L’information a été révélée par The Independant et reprise en France par BFMTV. Sur son compte Twitter, “Agriculture et liberté” accuse les médias de diffuser des fake news. Dans une lettre intitulée “Nous ne sommes pas des fantômes” et cosignée par 43 agriculteurs, le groupe nie les accusations de Greenpeace :

“Des activistes de Greenpeace voudraient vous faire croire que seuls Monsanto et des ‘agriculteurs fantômes’ soutiennent l’utilisation sans danger du glyphosate. Mais nous sommes des agriculteurs ici en France. […] Nos opinions sont les nôtres.”

La lettre ouverte s’achève par ces mots : “Nous continuerons à défendre personnellement l’utilisation sûre et continue du glyphosate en France”. Parmi les signataires, Denis Fumery, qui déclare sur Terre.net que ça ne lui “fait pas très plaisir d’être traité d’agriculteur fantôme”. Il ajoute : “Je ne défends pas Monsanto. Je défends mon usage raisonné du glyphosate. Ce n’est pas du tout pareil.”