Tanzanie : un responsable politique lance une chasse aux homosexuels

L’homosexualité y est encore considérée comme un crime passible d'une peine de prison à perpétuité.

© Kevin Sief/The Washington Post via Getty Images

Le climat est plus que délétère à Dar es Salaam depuis que le gouverneur de cette province de Tanzanie a appelé ses habitants à dénoncer les homosexuels. "Donnez-moi leurs noms", a-t-il exigé lundi 29 octobre lors d’une conférence de presse.

En Tanzanie, comme dans une majorité de pays africains, l’homosexualité est considérée comme un crime. Dans ce pays d’Afrique de l’Est, les gays risquent de 30 ans de prison à la réclusion à perpétuité.

Le gouverneur Paul Makonda, proche du président, est connu pour son hostilité à l’égard des homosexuels. En juillet 2016, il lançait déjà une campagne punitive qui avait conduit à des arrestations dans plusieurs discothèques de la capitale. Les suspects devaient subir un examen anal censé confirmer leur homosexualité.

Des politiques homophobes de plus en plus inquiétantes

Cette nouvelle campagne de dénonciation doit se terminer dimanche : "Mon équipe ad hoc commencera à mettre la main sur eux lundi prochain", a-t-il précisé lors de la conférence de presse.

Depuis l’élection du président Magufuli en 2015, le gouvernement multiplie les politiques ciblant les gays et les lesbiennes. À l’été 2016, la ministre de la Santé interdisait l’importation et la vente de lubrifiants sexuels, les considérant comme un encouragement à l’homosexualité.

En février 2017, le ministre adjoint de la Santé menaçait de publier les noms d’homosexuels "vendant leurs corps sur internet," avant d’ordonner la fermeture de dizaines de centres de santé privés spécialisés dans la lutte contre le sida, au motif qu’ils permettent d’apporter des soins à la communauté homosexuelle.

Jusqu’à cette vague de répression, les autorités étaient plutôt tolérantes et les cas d’arrestations pour homosexualité étaient très rares. Cette chasse aux homosexuels constitue une inquiétante étape supplémentaire dans la vaste politique homophobe mise en place par le gouvernement tanzanien.