2 millions d’euros saisis au RN : Marine Le Pen dénonce un "coup d’État" et lance un appel aux dons

Marine Le Pen parle d’une "bombe atomique" : si l’argent est saisi, elle prédit la mort du parti.

Les juges français ont pris la décision de saisir deux millions d’euros qui devaient être versés au Rassemblement national (RN) lundi 9 juillet, dans l’affaire des emplois fictifs présumés au Parlement européen. Le préjudice est estimé aux alentours des 7 millions d’euros. La saisie concerne les dotations publiques reçues par le parti.

Pour Marine Le Pen, en refusant au RN d’avoir accès à un financement public avant qu’il y ait eu tenue d’un procès, la justice applique au parti "la peine de mort à titre conservatoire". "Je pense que les deux magistrats sont politisés", a rapidement dénoncé la présidente du mouvement, invitée de RMC et BFM TV ce lundi.

Pour éviter de se retrouver en situation de cessation de paiements, le Rassemblement national a lancé un appel aux dons. Le parti a créé un site, intitulé Alerte démocratie. En page d’accueil, aux côtés d’une photo de Marine Le Pen se trouve le message suivant : "La démocratie est en danger, je compte sur vous." Marine Le Pen l’assure :

"Je vous annonce une nouvelle terrifiante, une bombe atomique. […] Fin août, il n’y a plus de Rassemblement national [si l’argent est saisi]."

La présidente du parti a évoqué un "véritable attentat pour la démocratie". Alors qu’elle devait se rendre à Saint-Pétersbourg, Marine Le Pen a annoncé qu’elle n’irait pas : "J’essaie de sauver la démocratie française", a-t-elle déclaré. Et de poursuivre : "On cherche à nous assassiner financièrement".

Sur le site d’appel aux dons, Marine Le Pen écrit : "L’argent confisqué est le fruit de votre vote, c’est donc vos idées qu’on bâillonne ! […] Ne laissez pas la France entrer en dictature !" Des éléments de langage qui rappellent ceux de novembre dernier, lorsque la députée de la 11e circonscription du Pas-de-Calais avait dénoncé une "fatwa bancaire" et pointé du doigt ce qu’elle jugeait être une "tentative d’étouffement d’un parti d’opposition" : la Société Générale avait demandé la clôture des comptes du parti ouverts chez elle, et la banque HSBC avait l’intention de fermer le compte personnel de la présidente. Elle avait alors interrogé :

"Qu’arrivera-t-il demain si une banque peut décider du bannissement bancaire d’un parti politique ?"