En 2017, les énergies renouvelables ont dépassé le charbon en Europe

Selon deux think tanks allemand et britannique, la part des énergies renouvelables en Europe a atteint 30 % en 2017. En France, elle n’est que de 8 %.

(© Adrian S. Jones/Flickr/CC)

L’Europe continue de progresser sur la voie des énergies renouvelables. Selon un rapport des think tanks Agora Energiewende et Sandbag (respectivement allemand et britannique), l’un des premiers à compiler les chiffres de la consommation énergétique européenne de l’année passée, la part des énergies renouvelables (éolien, solaire, biomasse et hydraulique) a atteint 30 % de la consommation électrique totale du Vieux Continent, surpassant pour la première fois l’énergie produite par le charbon et le lignite.

Si la progression de la part des énergies renouvelables par rapport à l’an passé reste relativement faible (seulement 0,2 % d’augmentation), elle s’explique selon le rapport des think tanks par le fait que "la forte hausse de l’éolien a été contrebalancée par la chute de l’hydraulique". Hydraulique mise à part, la part des autres énergies vertes dans la production européenne d’énergie est passée de 9,7 % en 2010 à 20,9 % en 2017, soit plus du double.

À elle seule, la production d’énergie éolienne a augmenté de 19 % en un an, grâce à l’installation de nouveaux parcs en Allemagne et au Royaume-Uni, qui assurent à eux seuls le tiers de la croissance européenne. Dans le même temps, la demande en production d’électricité liée aux énergies fossiles a augmenté de 1,6 % – une hausse en partie due à la chute de 16 % de la production hydroélectrique, elle-même imputable au manque d’eau, selon le rapport.

La France trop en retard

Et l’Hexagone, dans tout ça ? Plutôt à la bourre, selon les chiffres du rapport. Au pays de l’hégémonie nucléaire, la part des "nouvelles" énergies renouvelables – sans l’hydraulique, donc — dans la facture d’électricité globale n’est que de 8 %, loin derrière l’Italie (24 %), le Royaume-Uni (27 %) ou l’Allemagne (30 %) et à des années-lumière du Danemark, dont 74 % de la production électrique est assurée par des énergies renouvelables. Un retard particulièrement prononcé dans le domaine de l’éolien, précise le rapport : là où la production a plus que doublé en Europe entre 2010 et 2017, elle n’a progressé que de 11 % en France.

En revanche, à l’instar de ses voisins de l’ouest, la France s’est cependant bien engagée sur la voie du renouvelable en annonçant, à l’occasion de la présentation du nouveau Plan Climat, la fermeture des cinq dernières centrales à charbon du pays d’ici la fin du quinquennat d'Emmanuel Macron, en 2022.

Une belle annonce qui masque néanmoins une réalité : alors que le charbon ne représente plus que 3 % de notre production d’électricité nationale, la transition énergétique française ne pourra se faire qu’une fois résolue la question des fermetures, puis des démantèlements, au sein de notre parc nucléaire. Et ça, c’est une autre paire de manches.

Alors que Nicolas Hulot renonçait déjà, en octobre, à faire appliquer l’un des piliers de la loi de Transition énergétique votée en 2015, qui prévoyait de réduire la part du nucléaire en France à 50 % d’ici 2025, EDF vient d’annoncer qu’elle avait bien l’intention de prolonger la durée de vie de ses réacteurs jusqu’à 50 ans et qu'elle ne prévoyait donc pas d’arrêt avant 2029 au plus tôt, relate Le Monde.

La France compte actuellement 58 réacteurs, qui fournissent l’immense majorité de sa production électrique. Actuellement, une seule fermeture est prévue, celle de la centrale de Fessenheim, en Alsace… qui sera remplacée dans les faits par le lancement du réacteur EPR de Flamanville (Manche), théoriquement début 2019. La route vers le renouvelable s’annonce encore longue.

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