Chasse à courre : des policiers se plaignent d’être mobilisés pour les "véneries de quelques aristocrates"

Ils seraient environ 10 000 à continuer à pratiquer ce sport en France.

(© Ian MacNicol/Getty Images)

Des policiers nationaux de l’Oise se sont plaints dimanche 7 octobre d’être mobilisés en forêt de Compiègne pour éviter des débordements entre les veneurs qui organisent la chasse à courre et ses opposants. Ils affirment manquer d’effectifs pour pouvoir assurer toutes leurs missions.

Selon la préfecture, des policiers ont patrouillé samedi "dans le cadre d’une mission classique d’intérêt général" dans la "petite" zone police de la forêt de 14 000 hectares de Compiègne – le reste étant de la compétence des gendarmes – à cause du risque d’incidents.

"Les policiers sont détournés de leur cœur de métier pour renforcer les équipages des 'véneries' de quelques aristocrates !", a dénoncé dans un tract le syndicat policier Alliance.

La chasse à courre est ouverte du 15 septembre au 31 mars. Les policiers nationaux avaient déjà été mobilisés la saison dernière à cause des tensions entre militants d’Abolissons la vénerie aujourd’hui (AVA) et chasseurs.

En mars dernier, Hugo Clément avait rencontré d’autres militants de la cause animale qui avaient infiltré et filmé une chasse à courre en Vendée.

"Il manque déjà 20 effectifs dans le département. On nous envoie faire des tâches indues, on est submergé de travail", a précisé à l’AFP Julien Soir, délégué départemental d’Alliance. "Je ne dis pas que ce ne soit pas l’une de nos missions, d’aller sécuriser ce genre de manifestation, mais on va pousser le bouchon jusqu’où ?"

"Pendant ce temps-là, deux ou trois heures, les policiers ne patrouillent pas sur leur secteur respectif", a-t-il ajouté, affirmant que des policiers des commissariats de Creil, Beauvais et Compiègne ont été sollicités.

Du côté de la préfecture, on assure qu'"on ne préempte pas d’effectifs sur des circonscriptions pour les focaliser sur la gestion de la chasse à courre au détriment de la sécurité des personnes et des biens de ces circonscriptions".

"Le dispositif n’est pas un dispositif particulier, il s’inscrit dans une mission d’intérêt général de gestion de l’ordre public" à cause du risque d’affrontement, a-t-on poursuivi. "Il n’y avait pas de policiers en statique, c’est un dispositif adaptable, de veille".

Konbini news avec AFP