Affaire Tariq Ramadan : des analyses ADN vont être effectuées sur la robe d’une plaignante

Un nouvel élément pourrait faire basculer l’affaire Tariq Ramadan : une robe qui serait tachée par la semence de l’islamologue a été versée au dossier. Si une concordance avec son ADN est établie, sa défense pourrait être grandement mise à mal.

(© Irfan Kottaparamban/Wikipédia/CC)

L’enquête au sujet des accusations de viols pesant sur Tariq Ramadan s’accélère. L’islamologue suisse fait actuellement l’objet de cinq plaintes : trois en France, une aux États-Unis et une en Suisse. Alors qu’il a toujours nié les faits depuis le début des accusations, il aurait reconnu avoir eu une relation avec l’une des plaignantes, une certaine "Marie".

Interrogé par Libération, l’avocat chargé de sa défense, Emmanuel Marsigny, indique pour sa part les faits suivants :

"Il reconnaît avoir eu une relation avec elle mais elle n’était pas ce qu’elle a décrit. Il s’expliquera quand il sera interrogé par les juges."

De plus, la jeune femme a fourni aux personnes chargées de l’enquête, en plus de nombreux enregistrements et captures d’écran de messages à caractère sadomasochiste, une robe qui serait d’après elle tachée du sperme de Tariq Ramadan. Une comparaison ADN doit être effectuée pour vérifier cette affirmation. Si le résultat est positif, cela pourrait faire basculer l’enquête.

Enfin, la justice a statué sur la demande de libération de l’islamologue. Après le rendu, mercredi 18 avril, d’une expertise médicale, il a été décidé que, malgré sa sclérose en plaques, Tariq Ramadan pouvait rester incarcéré et soigné dans son centre de détention. Comme le rapporte l’Agence France-Presse, il a été jugé que son traitement n’était "pas incompatible avec la prison".

"Toutefois les experts insistent sur le fait que Tariq Ramadan, s’il restait en détention, devra continuer à bénéficier de l’accès aux soins", précisent les médecins. Le théologien de 55 ans, en détention provisoire depuis deux mois à la prison de Fleury-Mérogis (Essonne) pour "viol sur personne vulnérable", doit notamment effectuer quatre séances de kinésithérapie par semaine.