Après le port de Sète, la Corse de nouveau prête à accueillir l’Aquarius

Le silence de l’exécutif est de plus en plus assourdissant.

L’histoire se répète. Alors que le bateau humanitaire l’Aquarius est bloqué dans les eaux méditerranéennes faute de port acceptant de l’accueillir, la Corse s’est dite prête à accueillir le navire et ses 141 passagers. Interrogé mardi 14 août sur BFMTV le président de l’Assemblée de Corse Jean-Guy Talamoni a déclaré :

"Bien sûr, la Corse est exactement dans le même état d’esprit. Il y a une nécessité aujourd’hui : porter secours à ce navire, à nouveau l’Aquarius. À l’époque où nous nous étions exprimés il y avait véritablement danger étant donné que le bateau était surchargé et que les conditions météorologiques étaient très mauvaises."

L’élu corse fait référence à l’épisode de juin dernier, lors duquel le bateau affrété par SOS Méditerranée s’était déjà retrouvé dans la même situation avec à son bord quelque 629 passagers. Si la Corse s’était déjà proposé de l’accueillir, c’est finalement en Espagne, dans le port de Valence, que l’infortuné navire avait trouvé refuge.

L’exécutif botte en touche

Cela fait bientôt quatre jours que les 141 passagers de l’Aquarius, sauvés vendredi dernier près des côtes libyennes, sont dans l’attente. Hier c’est le président du port de Sète Jean-Claude Gayssot qui le premier s’est dit prêt à ouvrir ses portes au bateau, alors que l’Italie et Malte continuent d’opposer une fin de non-recevoir :

"Je comprends que les choses sont complexes et qu'il faut combattre les passeurs. Mais là, il s’agit de vies humaines. Tout doit être second par rapport à l’humain, par rapport à sauver des vies, des familles, des femmes et des enfants."

Un sentiment que semble partager Jean-Guy Talamoni qui déclarait sur BFMTV : "Je crois que l’Europe a failli dans cette affaire et il est temps qu’elle se réveille et que chacun prenne sa part de responsabilité." Le Président du conseil exécutif de Corse Gilles Simeoni s’est également montré solidaire sur Twitter.

Sans feu vert des autorités françaises ces initiatives pourraient bien rester lettres mortes. Si elles accentuent un peu plus la pression sur le gouvernement français, celui-ci continue pour le moment à se murer dans le silence, préférant botter en touche.