L’Australie abolit la "taxe tampon"

"Une bonne nouvelle pour des millions de femmes australiennes !"

(Photo by Robert DEYRAIL/Gamma-Rapho via Getty Images)

Mardi 2 octobre, les ministres des Finances des États et des Territoires ont adopté à l’unanimité la décision d’abolir la taxe tampon, une taxe de vente sur les produits d’hygiène féminine, jugée sexiste car elle ne les considérait pas comme des produits de première nécessité mais des biens comme les autres.

En 2000, une TVA de 10 % avait été mise en place mais les produits dits donc de première nécessité, comme la crème solaire et les préservatifs, avaient été exemptés. Mais pas les tampons et serviettes hygiéniques. À l’époque, lors d’un débat télévisé, le ministre de la Santé Michael Wooldridge avait provoqué une polémique en déclarant :

“Les préservatifs préviennent les maladies. Je ne savais pas que les règles étaient une maladie. En tant qu'homme, j’aimerais que la crème à raser soit exemptée, mais je ne m’attends pas à ce que ça arrive."

En 2015 déjà, le ministre des Finances de l’époque, Joe Hockey, avait évoqué l’idée de la supprimer. Mais les profits qu’elle génère ont probablement contribué à retarder la prise de décision : 30 millions de recettes fiscales chaque année.

"C’est super que les États et les Territoires se soient joints au Commonwealth pour abolir l’injuste taxe tampon sur les produits d’hygiène féminine. Une bonne nouvelle pour des millions de femmes australiennes", s’est réjouie sur Twitter la ministre de l’Emploi, des Relations industrielles et de la Condition des femmes Kelly O’Dwyer.

Chez nos voisins belges, la taxe tampon est supprimée depuis le mois de juillet dernier. En août, l’Écosse devenait pour sa part le premier pays au monde à rendre les protections hygiéniques gratuites. Du côté de l’Hexagone, une baisse de la taxe a été votée en 2015, la passant de 20 % à 5,5 %, mais depuis, pas de promesse étatique concernant sa suppression : seule la mutuelle étudiante LMDE s’est récemment engagée à les rembourser.