Cédric Herrou récompensé par le maire de Grenoble pour son combat pour les réfugiés

N’en déplaise au préfet de l’Isère.

Dans une France où le "délit de solidarité" existe, les Cédric Herrou sont des coupables aux yeux de la loi, mais pas de l’opinion publique.

Lundi 28 mai, le maire de Grenoble a remis une médaille à cet agriculteur des Alpes-Maritimes pour le récompenser de son action en faveur des réfugiés, qui lui a aussi valu d’être condamné en août dernier à quatre mois de prison avec sursis.

On lui reprochait d’avoir pris en stop des migrants de la ville italienne de Vintimille jusqu’en France en 2016. Quelques semaines plus tard il nous expliquait : "Pour moi, la nécessité, c’est d’aider les gens qui sont en bas de chez moi. C’est pas plus compliqué que ça."

Le "délit de solidarité" fait référence dans le langage courant à l’article L622-1 du Code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile, qui existe depuis 2012 : "Toute personne qui aura, par aide directe ou indirecte, facilité ou tenté de faciliter l’entrée, la circulation, ou le séjour irrégulier d’un étranger en France, sera punie d’un emprisonnement de cinq ans et d’une amende de 30 000 euros."

Cet article a été vivement critiqué par les associations d’aide aux réfugiés entre autres. Plusieurs députés La République en marche s’étaient engagés à l’amender. L’assouplissement, voté en avril dernier par l’Assemblée nationale, prévoit des "exemptions" au délit de solidarité, insuffisantes pour le maire de Grenoble (Europe Écologie Les Verts) Éric Piolle, qui en a profité pour interpeller le procureur de la République sur Twitter.

 
Ce commentaire n’a pas plu à la préfecture de l’Isère qui a réagi dans un communiqué repéré par BFMTV : "Le préfet de l’Isère déplore des propos qui appellent à commettre des infractions ou des actes illégaux, alors même qu’ils sont tenus par un maire auquel les lois de la République confient des responsabilités d’officier de police judiciaire et la charge de faire respecter l’ordre public." Et d’ajouter : "Prôner l’illégalité ou cautionner des infractions pourtant condamnées par l’autorité judiciaire n’est pas une conduite anodine."
 
Hasard du calendrier : demain se tiendra devant le tribunal correctionnel de Nice le procès de Martine Landry aussi accusée de délit de solidarité, comme le rapporte Libération. Cette retraitée de 72 ans, responsable d’Amnesty International et membre de l’Association nationale d’assistance aux frontières pour les étrangers, est jugée pour avoir aidé deux adolescents guinéens refoulés en Italie à revenir en France. Nous l’avions rencontrée :