Démissions de 34 évêques après un scandale d’abus sexuels au sein de l’Église chilienne

Après un scandale d’abus sexuels au Chili, 34 évêques venus rencontrer le pape à Rome lui ont présenté leur démission.

Ce vendredi 18 mai, les 34 évêques qui étaient convoqués par le pape au Vatican au sujet d’un rapport concernant un scandale d’abus sexuels au Chili ont fait une déclaration inattendue :

"Nous, tous les évêques présents à Rome, avons remis nos postes entre les mains du Saint-Père, afin qu’il décide librement pour chacun d’entre nous."

Selon Le Monde, le pape les avait convoqués mardi 15 mai pour leur remettre un document dans lequel il était écrit que l’Église chilienne "abrite [depuis longtemps] de nombreuses situations d’abus de pouvoir, d’autorité et d’abus sexuel".

Les deux enquêteurs chargés d’investiguer avaient rédigé plus de 2 000 pages, dans lesquelles on peut notamment lire qu’il y a eu "de gravissimes négligences dans la protection des enfants vulnérables de la part d’évêques et de supérieurs religieux". Ils évoquent par exemple des plaintes classées alors qu’il existait des preuves accablantes.

Lors d’une déclaration devant la presse, les évêques ont donc donné leur démission au souverain pontife. Ils ont "implor[é]" et "demand[é] pardon pour la douleur causée aux victimes, au pape, au peuple de Dieu et à [leur] pays pour les graves erreurs et les omissions qu'[ils ont] commises", rapporte Vatican News.

Aux victimes, ils ont adressé des remerciements "pour leur persévérance et leur courage, malgré les énormes difficultés personnelles, spirituelles, sociales et familiales qu’ils ont dû affronter".

Il faut désormais que le pape accepte leurs démissions afin qu’elles deviennent effectives. En janvier dernier, François avait été mis en cause dans "l’affaire Karadima", mais il semblerait qu’il s’agisse d’un scandale d’une ampleur et d’une gravité bien plus importantes encore.