Un nouveau test permet de détecter la drogue du violeur directement dans son verre

À la manière d’un test de grossesse, il détecte les substances en 30 secondes.

En France, ce "médicament" n’est plus commercialisé depuis 2013. Mais aux États-Unis le Rohypnol continue de faire des victimes. Plus connu sous le nom de "drogue du violeur", ce produit entraîne pertes de mémoire et désinhibition chez ses consommateurs.

Plébiscité par les prédateurs sexuels, ce liquide incolore et inodore peut facilement être glissé dans le verre d’un·e noctambule lors d’un moment d’inattention.

"Après quatre ans de travail en laboratoire, nous sommes fiers de présenter le test le plus efficace pour détecter les boissons intoxiquées. Avec ce test portatif, une goutte suffit pour savoir vite et précisément s’il y a des traces de l’une des drogues du violeur dans plus de 100 liquides."

Ce message, posté par l’entreprise américaine Undercover colors jeudi 6 septembre et repéré par le quotidien britannique The Independent, fait état d’une certaine avancée scientifique. À l’origine de ce test, quatre étudiants d’une université de Caroline du Nord. Il y a quatre ans, ils avaient déjà élaboré un vernis qui changeait de couleur au contact des substances incriminées.

Une démarche qui envoie le mauvais signal

Selon Slate, leur nouveau kit fonctionne comme un "test de grossesse et [s]es bandes d’analyse d’urine". Il prend la forme d’un petit médaillon facile à transporter. En trente secondes, il peut détecter la présence de flunitrazepam (Rohypnol), d’alprazolam (Xanax) ou encore de diazepam (Valium) dans plus de 100 liquides.

Il faut compter un peu plus de 30 euros pour les cinq tests (35 dollars), environ 43 euros pour les 10 (50 dollars). Si cette démarche semble louable, des associations féministes s’étaient déjà élevées contre le procédé du vernis. Dans une tribune publiée dans The Guardian, la blogueuse et essayiste féministe américaine Jessica Valenti, s’interrogeait : "Pourquoi est-il plus facile d’inventer un vernis anti-viol plutôt que de trouver un moyen d’arrêter les violeurs ?", déplorant aussi que les créateurs de ce kit soient exclusivement des hommes.

En France également, le sujet est pris au sérieux. En juillet dernier, le Sénat a adopté un amendement faisant de l’usage de la "drogue du violeur" une circonstance aggravante lors d’une agression sexuelle. Les autorités de santé se sont également inquiétées de l’usage par les jeunes du GBL, cousine du GHB comme nouvelle drogue récréative. En mars dernier, un jeune est mort après avoir bu une bouteille d’eau qui contenait une quantité importante de GBL.