Détention d’enfants à la frontière mexicaine : des "camps de vacances" pour cette journaliste de Fox News

Sans grande surprise, la journaliste en question travaille pour la chaîne préférée de Donald Trump.

Elle est blonde avec un air angélique et elle débite des horreurs. Sans aucun doute, on est en train de regarder la chaîne ultra-conservatrice américaine Fox News. Laura Ingraham ne déroge pas à la règle. Lundi 18 juin, elle déclarait donc sans ciller face caméra :

"Alors que de plus en plus de migrants tentent de passer la frontière, de plus en plus d’enfants sont séparés de leurs parents et logés temporairement dans ce qu’on peut appeler des camps de vacances ou comme les a décrits un tribunal de San Diego, 'des pensionnats' !"

La comparaison ne passe pas. D’autant qu’elle coïncide avec la publication d’un enregistrement par le site d’investigation ProPublica. Dans l’extrait audio publié sur YouTube et déjà visionné plus d’un million de fois, on peut entendre des enfants esseulés, en larmes, appeler leurs parents à cor et à cri : "Je veux que ma tatie vienne", sanglote une petite voix.

Depuis le début du mois de mai, près de 2 000 enfants ont été séparés de leurs parents sans-papiers pour être placés dans des camps à la frontière avec le Mexique, selon le département de la Sécurité intérieure des États-Unis.

Alors que le Congrès ne parvient pas à trouver un accord sur une réforme visant à réguler l’immigration, des voix s’élèvent des deux côtés – Républicains comme Démocrates – pour dénoncer la politique de tolérance zéro mise en place depuis plusieurs semaines à la frontière avec le Mexique.

Depuis le début du scandale, Donald Trump rejette la faute sur le parti d’opposition. Ce mardi 19 juin, le président des États-Unis a multiplié les tweets pour tenter de calmer le jeu.

"C’est la faute des Démocrates !…"

"#ChangezLaLoi. Le Congrès doit saisir cette opportunité de changer ces lois ridicules et obsolètes sur l’immigration…"

En attendant, des centaines d’enfants sont retenus dans des tentes en plein désert texan pendant que leurs parents sont emprisonnés et dans l’attente de leur jugement.

Lundi 18 juin, le Haut-commissaire des Nations unis aux droits de l’homme a jugé cette pratique "inadmissible", comme le rapporte Le Figaro.