Effondrement d’un viaduc à Gênes : en France, un pont sur trois a besoin de réparations

Un rapport gouvernemental sur le réseau routier en France pointe du doigt l’état inquiétant de plusieurs centaines de ponts.

(© Paolo Rattini/Getty Images)

L’incroyable effondrement du pont Morandi qui relie Gênes à Vintimille a saisi le monde entier. Mardi 14 août, l’incident a fait 39 morts et 16 blessés. Quatre Français ont péri dans l’accident. Alors que les secours continuent de s’activer sur les lieux du drame, ce bilan pourrait s’alourdir. Depuis, de nombreux experts s’interrogent : un tel drame aurait-il pu se produire en France ?

Mercredi 15 août, France Info a mis au jour un rapport gouvernemental sur l’état du réseau routier français datant de juillet dernier : "Sur les 12 000 ponts que compte le réseau, un tiers nécessite des réparations", un chiffre qu’il faut toutefois relativiser. Le rapport précise qu’il s’agit uniquement de prévenir l’apparition de petites dégradations structurelles.

En revanche, 7 % d’entre eux présentent bien à terme "des risques d’effondrement", soit environ 840 ponts selon un calcul de France Info. Le rapport s’inquiète des pertes économiques générées par la fermeture préventive de ces structures à la circulation de poids lourds et autres véhicules.

En Italie, plusieurs riverains génois ont fait un lien entre l’augmentation du nombre de camions en circulation sur le pont et son effondrement : "Ces temps-ci, c’était des centaines de poids lourds. Il aurait fallu adapter le pont ou réduire le trafic, mais rien n’a été fait…", témoigne un Génois au micro de France Info.

Le pont Morandi menace toujours de s’effondrer

La construction du pont Morandi de Gênes, du nom de son architecte Riccardo Morandi, datait des années 1960. Plusieurs ingénieurs italiens s’inquiétaient de son état. Les témoignages des riverains sont saisissants : "Régulièrement, des morceaux se décrochaient puis tombaient sur les habitations ou les voitures. Il y avait de tout : des boulons, des blocs de béton ou de la peinture", raconte un couple dans les colonnes du Parisien.

Il s’agit désormais pour le gouvernement italien d’identifier les responsables du drame. Le ministre de l’Intérieur italien, Matteo Salvini, blâme pour le moment la société gestionnaire de l’autoroute.

Alors que les grues et les pelleteuses continuent de déblayer les décombres du pont effondré, un autre pilier serait en train de se fissurer, menaçant de s’écrouler à son tour.