En Seine-Maritime, les couples homosexuels sont limités à l’adoption d’enfants "atypiques"

Les propos polémiques de la responsable du service adoption de Seine-Maritime lèvent le voile sur les pratiques discriminatoires dont sont victimes les familles homoparentales qui veulent adopter.

Modern Family. (© 20th Century Fox Television)

Si l’adoption par les couples homosexuels est légale depuis 2013 en France, dans les faits, rien n’est moins simple. Les propos polémiques de la responsable du service adoption du département de Seine-Maritime, Pascale Lemare, viennent le rappeler.

Cette dernière confirme ce que beaucoup de couples homosexuels savaient déjà : ils sont victimes de pratiques discriminantes lorsqu’ils souhaitent adopter. Dans certains départements, ils ne seraient tout bonnement pas prioritaires. Pire, ils doivent accepter d’être dirigés vers des enfants au profil "atypique."

"Eux-mêmes sont un peu atypiques par rapport à la norme sociale mais aussi la norme biologique [donc il faut que] leur projet supporte des profils d’enfants atypiques," justifie-t-elle dans un reportage de France Bleu Normandie lundi 18 juin.

Elle décrit ces enfants dont "personnes ne veut" parce que "trop cassés, trop perturbés psychologiquement, trop grands, handicapés", ajoutant qu’ils "ne sont pas recherchés et c’est normal" par les couples hétérosexuels.

Des propos qui ont fait bondir de nombreuses associations. "C’est choquant d’une part parce qu’elle traite les enfants comme des objets, d’autre part parce qu’il est illégal de discriminer des couples sur leur orientation sexuelle," explique Nicolas Faget, porte-parole de l’Association des parents gays et lesbiens (APGL), contacté par Konbini news. L’Association des familles homoparentales (ADFH) a quant à elle décidé de porter plainte contre Pascale Lemare, comme le rapporte LCI.

Les propos de cette dernière ont rapidement été condamnés par le président du département de Seine-Maritime, Pascal Martin, sur son compte Twitter.

Le gouvernement, en la personne d’Olivier Dussopt, secrétaire d’État auprès du ministre de l’Action et des Comptes publics, a également réprouvé les dires de la responsable du service adoption.

Silence en revanche du côté de la ministre des Solidarités et de la Santé, Agnès Buzyn, pourtant en charge des questions liées à la famille et à l’adoption. Contacté par Konbini news, son service presse assure toutefois que "l’affaire est prise au sérieux et suivie de près par Madame la ministre, qui respecte le temps de l’instruction."