Exit l’enfant unique : la Chine s’apprête à arrêter le contrôle des naissances

En raison d’un vieillissement de la population trop important, Pékin a pour projet de supprimer la limitation du nombre de naissances.

© Aping Vision / STS (Getty Images)

Après plus de 40 ans d’une politique très stricte en termes de contrôle des naissances, la Chine serait prête à supprimer définitivement la politique de l’enfant unique. En effet, le pays au 1,3 milliard d’habitants travaille à l’élaboration de son nouveau Code civil, qui doit être voté en 2020 par l’Assemblée populaire nationale chinoise. Et d’après Jiancha Ribao, le quotidien juridique officiel, il ne figure aucune mention d’une quelconque politique des naissances dans ce dernier.

Avec une multiplication par deux du nombre de personnes de plus de 60 ans prévue sur 20 ans, le vieillissement de la population apparaît comme l’un des principaux facteurs de cette décision. Comme le soulignent Les Échos, en un an, la population en âge de travailler a chuté de 5,5 millions de personnes, "déclinant pour la sixième année consécutive".

La crainte de ne plus avoir assez de personnes en capacité de cotiser pour la retraite a même un nom : le phénomène "4-2-1". Il désigne le fait qu’un enfant unique ait sur le dos la responsabilité de payer les retraites non seulement de ses deux parents, mais aussi de ses quatre grands-parents.

Marche arrière toute

En cause également, comme le rappelle Le Monde : la trop forte baisse du nombre de femmes, en raison d’avortements forcés. Bon nombre de familles chinoises, forcées d’avoir un seul enfant, ont longtemps préféré donner naissance à des garçons, posant un nouveau problème démographique.

Le 29 octobre 2015, la Chine avait déjà fait un pas en abolissant la politique de l’enfant unique, instaurée en 1979 pour endiguer la trop importante croissance démographique du pays, en autorisant les couples à avoir deux enfants maximum.

Mais cela va encore plus loin puisque, non content d’autoriser la population à avoir autant d’enfants qu’elle le souhaite, le Parti communiste aurait en tête une réforme qui va à l’encontre de ce qu’il prône depuis un demi-siècle : il serait prêt à taxer les citoyens de moins de 40 ans jusqu’à ce que ces derniers aient au moins deux enfants.