Facebook bloque les pubs étrangères avant le référendum sur l’avortement en Irlande

Pour ne pas influencer le résultat du référendum sur l’avortement ce 25 mai en Irlande, Facebook a décidé de bloquer les publicités étrangères.

(© Anthony Quintano/Flickr/CC)

Le géant américain l’a annoncé ce mardi 8 mai. Les publicités étrangères liées au référendum irlandais sur l’avortement vont être bloquées sur Facebook. Moins de trois semaines avant le vote, qui aura lieu le 25 mai, le réseau social explique dans un communiqué sa crainte de voir une manipulation de la campagne sur la libéralisation de l’avortement avant le référendum :

"Nous allons commencer à rejeter les publicités liées au référendum si elles proviennent d’acteurs basés hors d’Irlande, dans le cadre de nos efforts engagés pour protéger l’intégrité des élections et référendums des influences indues."

Cette décision a été prise avec l’accord des partis politiques et les groupes de campagne pour et contre la libéralisation de l’avortement. Facebook veut ainsi "favoriser un débat libre, équitable et transparent". Une décision majoritairement saluée par la presse irlandaise. Liz Carola, qui dirige la Transparent Referendum Initiative (une plateforme recensant les publicités sur Internet) a salué l’initiative sur Twitter : "Un jour et un pas de plus dans la bonne direction."

Depuis plusieurs semaines, l’Irlande craint que des groupes basés à l’étranger viennent interférer dans le choix de l’électorat. Un système permettant d’identifier ces individus et groupes finançant des publicités y a été déployé fin avril. Cela fait suite à l’affaire des ingérences russes dans la campagne présidentielle américaine en 2016 et au référendum sur le Brexit en Angleterre la même année.

Quelques semaines après l’affaire Cambridge Analytica, Facebook tente toujours de redorer son image. Le réseau social a annoncé ce mardi 8 mai une réorganisation de ses équipes. Trois unités ont été créées, dont une consacrée à la blockchain, utilisée dans les échanges de cryptomonnaies, qui sera pilotée par David Marcus, ancienne tête dirigeante de Messenger et créateur de PayPal.

Ce 25 mai, les Irlandais seront appelés aux urnes pour voter (ou non) la libéralisation de l’avortement encore illégal dans le pays. Ils décideront s’ils souhaitent l’abrogation du 8e amendement de leur Constitution, qui reconnaît un droit à la vie égal pour la mère et l’enfant à naître. En 2018, les Irlandaises doivent en effet toujours se rendre à l’étranger pour avorter ou recourir à des alternatives dangereuses.