Garde à vue pour Théo Luhaka et ses frères, soupçonnés d’escroquerie aux aides de l’État

Une enquête avait été ouverte quelques mois avant la violente interpellation de Théo Luhaka en février dernier.

Théo Luhaka (capture d'écran LCI).

Théo Luhaka et ses frères ont été réveillés très tôt ce mardi matin 5 juin par les enquêteurs de la sous-direction de la police judiciaire (SDPJ) du 93. Les quatre hommes, soupçonnés d'"escroquerie en bande organisée, abus de confiance et blanchiment", ont été placés en garde à vue, comme l’indique Le Parisien. Un responsable associatif de la ville d’Aulnay-sous-Bois, dont la famille est originaire, a également été placé en garde à vue. Et une sixième personne serait entendue en audition libre dans le cadre de cette enquête.

Les faits sont antérieurs à l’arrestation violente de Théo Luhaka en février 2017. De janvier 2014 à juin 2016, la famille du jeune homme aurait reçu de grosses sommes par le biais d’une association dirigée par son frère, Mickaël. Luhaka Aulnay Events, qui avait pour but de lutter contre la violence, est soupçonnée d’avoir eu recours à des emplois fictifs.

Pendant près de deux ans et demi, celle-ci "a touché 678 000 euros de subventions d’État, dont 170 000 euros ont directement été virés sur les comptes de huit membres de la famille. Théo aurait perçu, à lui tout seul, 52 000 euros", précise Le Parisien. Les enquêteurs doivent maintenant déterminer s’il s’agit bien d’une mauvaise gestion de la structure, comme l’assure Me Antoine Vey, l’avocat de Théo, ou s’il s’agit d’une fraude organisée.

"Il y a la volonté de nuire et de ternir l’image de Théo. On veut mélanger deux affaires, celle des violences policières dont a été victime Théo et cette affaire financière avec laquelle il n’a rien à voir", avance ce dernier, interrogé par Le Parisien, avant d’alerter sur la santé du jeune homme :

"Je pense que l’état de santé de Théo n’est pas compatible avec cette garde à vue. Il a subi une opération chirurgicale la semaine dernière, au cours de laquelle on lui a retiré sa poche."

Victime en février 2017 de violences policières, Théo présentait des blessures au visage, au crâne, et au niveau du rectum. Opéré d’urgence, le jeune homme souffrait d’une lésion du canal anal de 10 centimètres de profondeur, provoquée par une matraque. Aujourd’hui âgé de 23 ans, il est devenu le visage des jeunes victimes de racisme ou de violences policières en France.

Son arrestation aujourd’hui n’a donc pas manqué de faire réagir une certaine frange du paysage politique français…