Homos “un peu pervers” : SOS Homophobie porte plainte contre Marcel Campion

Pour l'association, “les propos et les insultes homophobes tenus dans le débat public ont des répercussions concrètes".

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“On m'a dit hier qu'il fallait plus que je dise ça. Donc je dis plus ‘les pédés’, je dis les homos” : dans une séquence filmée et révélée par le Journal du dimanche le 23 septembre, Marcel Campion a attaqué personnellement Bruno Julliard, ex-premier adjoint à la maire de Paris Anne Hidalgo, lors d’une réunion publique à Paris :

“J’ai rien contre eux [les homos, ndlr] sauf qu’ils sont un peu pervers, ceux qui sont là. […] Le petit Julliard, il arrive de je ne sais pas où, c’est un affairiste.”

Selon lui “toute la ville maintenant est gouvernée par des homos”. La maire de la capitale, dont le roi des forains souhaite prendre la place lors des élections municipales de 2020 avec la création de son mouvement Libérons Paris, en prend également pour son grade :

“Elle, elle fait de la qualité. […] Pour Noël, il y a deux ans, ils avaient fait un grand arbre de Noël, place Vendôme […] il représentait un plug anal. Vous savez les trucs qu’ils se mettent dans le fion, pour les pervers là.”

Puis il a ajouté : “Moi j’ai eu un ami pendant trente ans, c’était Yves Mourousi, les gens quand ils le traitaient de pédé, j’étais prêt à me battre avec eux. [...] Ce n’est pas une histoire de sexe. Mais ceux qui sont là, c’est des pervers”, avant d'égratigner au passage les Verts. Qualifiés de “vers de terre” par M. Campion, ce dernier explique à leur sujet : “vous pouvez les écraser, c’est de la merde”.

"Ces propos abjects ainsi que leur auteur seront poursuivis"

SOS Homophobie a publié un communiqué de presse pour annoncer que l’association allait déposer plainte pour “injure publique à caractère homophobe” contre M. Campion, mais aussi contre M. Andrés, président de la Confédération nationale des associations familiales catholiques, qui, lors d’un débat sur la Procréation médicalement assistée a déclaré : "Le problème c’est pas que les pédés."

Pour SOS Homophobie “les propos et les insultes homophobes tenus dans le débat public ont des répercussions concrètes : ils légitiment et encouragent les violences homophobes contre les personnes LGBT+ et les familles homoparentales”, écrit l'association anti-discrimination avant de rappeler que “les agressions physiques LGBTphobes signalées à SOS homophobie ont augmenté de 15 % en 2017”.

Bruno Julliard a également annoncé qu’il comptait porter plainte : "ces propos abjects ainsi que leur auteur seront poursuivis en justice", a-t-il déclaré.

Françoise Nyssen a réagi lundi 24 septembre. Dénonçant des “propos ignominieux”, la ministre de la Culture a déclaré vouloir qu’ils soient condamnés avant d’ajouter : “mais au-delà, ces mots qui tombent sous le coup de la loi nous interrogent sur la pertinence de confier à celui qui les a proférés l’occupation d’un espace public et d’un haut lieu de la culture.”