Hôpital psychiatrique du Rouvray : les grévistes gagnent leur bras de fer

"On a gagné ! Et largement !"

Enfin une sortie de crise pour les grévistes de l’hôpital psychiatrique du Rouvray (Seine-Maritime). Vendredi 8 juin, un accord a été trouvé entre les syndicats et la direction de l’établissement, ont indiqué l’Agence régionale de santé et la CFDT à l'AFP. En grève depuis le 22 mars, leur combat face au manque de moyens et au surnombre de patients hospitalisés avait pris la forme d’une grève de la faim d’une partie du personnel hospitalier, le 21 mai. Konbini news s’était rendu sur place le 31 mai, pour leur 10e journée de jeûne.

Contacté par Konbini news, Jean-Yves Herment, secrétaire CFDT du Comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT) de l’établissement, indique qu’un préprotocole d’accord a été trouvé entre l’intersyndicale en grève et la direction de l’établissement hospitalier. Il acte la création de 30 postes sur 2018 et 2019. Les grévistes réclamaient la création de 52 postes supplémentaires sur le site. Le protocole d'accord définitif doit lui être signé la semaine prochaine. 

"Ce sont des créations de postes sèches, budgétées", rapporte Jean-Yves Herment, qui précise également que "des garanties d’accompagnement ont été obtenues pour le futur". "On a gagné ! Et largement !", lance le syndicaliste, hospitalisé lundi 4 juin à la suite de sa grève de la faim.

Autre victoire : les grévistes ont obtenu l’implantation d’une unité hospitalière pour les adolescents. Jusqu’à présent, les mineurs admis à l’hôpital psychiatrique du Rouvray étaient pris en charge avec des adultes. Ces derniers ont aussi obtenu la promesse de la création d'une unité hospitalière spécialement aménagée (UHSA), chargée de prendre en charge des personnes incarcérées nécessitant des soins psychiatriques en hospitalisation complète.

Vendredi après-midi, les derniers grévistes de la faim ont mis fin à leur jeûne. Certains n’avaient rien mangé depuis 19 jours.