Interdit de bloquer ses followers sur Twitter, Donald Trump va faire appel

Le président américain, utilisateur compulsif de Twitter, n’a pas l’intention de se laisser dicter sa conduite.

(© Michael Vadon/Wikipedia/CC)

Le 23 mai dernier, la justice a tranché : le président américain n’a pas le droit de bloquer les gens qui ne lui plaisent pas sur Twitter. Mais ce mardi 5 juin, le ministère de la Justice a annoncé son intention de faire appel de cette décision. L’avis d’appel, enregistré la veille devant un tribunal de New York, fait référence à la décision de la juge new-yorkaise Naomi Reice Buchwald.

Cette magistrate avait estimé que Trump n’avait pas le droit d’empêcher ses détracteurs de s’abonner à son compte Twitter personnel, suivi par 52,5 millions d’autres comptes. Ce revers judiciaire infligé au président a été remarqué, tant celui-ci s’est approprié ce réseau social, qu’il présente souvent comme sa seule arme face à une pseudo-coalition de médias qui lui seraient hostiles.

La possibilité de réagir aux fréquents tweets présidentiels, en les commentant, s’inscrit dans l’exercice de la liberté d’expression protégée par le premier amendement de la Constitution, avait assuré Mme Buchwald en rendant son jugement.

"@realDonaldTrump m'a débloqué ! Ouah !"

Ce dossier est né d'une plainte déposée par le Knight Institute, une organisation de défense de la liberté d'expression dépendant de l'université de Columbia, au nom de sept personnes "bloquées" par Donald Trump, le blocage les empêchant de voir les tweets postés quasi quotidiennement par le président, et d'y répondre directement.

À la suite du jugement du 23 mai, ces sept plaignants ont été "débloqués" par la Maison Blanche, a annoncé leur avocat, Jameel Jaffer. L'un d'entre eux est Philip Cohen, un professeur de sociologie de l'État du Maryland, qui avait été bloqué en juin 2017, 15 minutes après avoir réagi à un tweet présidentiel en publiant une photo de Trump barrée des mots "corrompu, incompétent, autoritaire".

"Nous nous sommes plaints. Nous avons assigné en justice. Nous avons gagné devant un tribunal fédéral sur le fondement du premier amendement de la Constitution. Et désormais, @realDonaldTrump m'a débloqué. Ouah !", a tweeté M. Cohen. Toutefois, "de nombreuses autres [personnes] restent bloquées" par Donald Trump, a souligné Jameel Jaffer.

Konbini avec AFP