La chicha dans les rues de Béziers, le nouveau combat de Robert Ménard

"Pas de chicha, chiche ?"

Plus de chicha dans l’espace public entre le 1er mai et le 30 septembre : c’est ce que stipule le nouvel arrêté municipal pris par la mairie de Béziers, qui l’a annoncé sur Twitter, pour interdire de fumer le narguilé.

Interrogé par Midi Libre, l’élu FN Robert Ménard a invoqué des raisons sanitaires et des études médicales sur la nocivité de la chicha, ajoutant que, selon lui, "ça ne favorise pas le vivre-ensemble" :

"On a décidé de l’interdire à l’extérieur, en période estivale, près des écoles, des équipements sportifs et culturels, ça n’a pas sa place là. C’est néfaste pour la santé, il n’y a pas de raison que ce soit près de ces établissements. […]

C’est générateur de rassemblements dont le moins que l’on puisse dire est qu’ils ne favorisent pas le vivre-ensemble, on en a assez et ça renvoie une image de la ville dont on n’a pas envie ! Et cela produit des attroupements qui sont neuf fois sur dix problématiques."

Contacté par téléphone, le propriétaire d’un bar à chicha de la ville, L’oasis, ne semble pas très étonné : "C’est Robert Ménard, hein. Je n’ai pas vraiment d’avis sur la question. C’est peut-être pour le bien de la ville, qui sait ?". En revanche, le bar Shisha-Club à Béziers semble bien plus énervé. Selon lui, Robert Ménard "sera condamné par le Conseil d’État". "Vous pouvez fumer tranquille la chicha dans l’espace public à Béziers", assure-t-il en expliquant :

"À partir du moment où le tabac à narguilé est vendu en bureau de tabac, qu’il est un produit légal et qu’il n’y a aucune atteinte à l’ordre public… Cet arrêté est caduque et ne peut pas être appliqué légalement. Robert Ménard sera désavoué.
Ce serait comme interdire de fumer la cigarette dans la rue entre plusieurs personnes ou à quatre vieux de fumer la pipe sur un banc dans un parc."

Avant la chicha, les kebabs

Béziers n’est pas la première ville à interdire la chicha. En effet, avant elle, plusieurs municipalités aux couleurs politiques diverses, comme Antibes, Vence ou encore Villeneuve-Loubet, ont pris la même disposition. Mais là où on reconnaît vraiment la patte Robert Ménard, c’est dans sa manière de l’annoncer.

Le fondateur et ex-membre de Reporters sans frontières a pour habitude de confectionner des affiches tape-à-l’œil. En décembre dernier, il n’avait pas hésité à utiliser l’assassinat d’une jeune femme, laissée pour morte sur les rails d’un train par son conjoint, pour faire la promotion de l’arrivée du train à grande vitesse dans sa ville.

En 2014, c’était contre les migrants qu’il se mobilisait avec une campagne de pub très provocatrice au message on ne peut plus clair : "ça y est, ils arrivent".

Enfin, en 2015, ce n’est pas contre les chichas mais contre les kebabs que Robert Ménard s’était engagé. En effet, évoquant la "culture judéo-chrétienne" de sa ville et refusant qu’elle devienne "la capitale du kebab", l’édile avait fait interdire toute nouvelle ouverture de restaurants de kebabs, au motif qu’il y en existait déjà "une vingtaine". "Ces commerces n’ont rien à voir avec notre culture !", assurait-il alors.