La ministre danoise de l’Intégration demande aux musulmans de prendre des congés pendant le Ramadan

La ministre danoise de l’Immigration appelle les musulmans célébrant le Ramadan à prendre des congés durant cette période, évoquant des problèmes de "productivité" et de "sécurité" de leurs concitoyens.

(© Arno Mikkor, Aron Urb via Flickr)

La ministre de l’Immigration et de l’Intégration danoise, Inger Støjberg, a publié une tribune dans le quotidien danois BT ce lundi 21 mai. Elle y écrit que selon elle, le Ramadan et le travail sont incompatibles. À ce titre, elle demande aux musulmans pratiquant le Ramadan de poser des congés durant cette période, invoquant la nécessité que la religion reste "une affaire privée".

Pour cette journaliste de profession, "le Ramadan a un impact sur l’ensemble de la société danoise". "Je me demande si un impératif religieux commandant d’observer un pilier de l’islam vieux de 1 400 ans est compatible avec la société et le marché du travail que nous avons au Danemark en 2018", a indiqué la ministre.

Elle évoque notamment le cas du personnel hospitalier ou des chauffeurs de bus "qui n’ont ni mangé ni bu depuis plus de dix heures" et assure que "cela peut être dangereux" pour l’ensemble des Danois. Sur Twitter, nombreux ont été les internautes à lui suggérer ironiquement de prendre des vacances.

Inger Støjberg a mis en place une politique d’immigration très restrictive depuis son arrivée au gouvernement en 2015 et n’en est pas à sa première sortie controversée.

Une ministre coutumière de ce genre de propos

En effet, en mars 2017, Inger Støjberg avait déjà fait parler d’elle et suscité la polémique en postant une photo d’elle portant un gâteau pour célébrer le 50e amendement d’une loi restreignant grandement les droits des personnes immigrées.

La mesure la plus emblématique, votée début 2016 par les parlementaires, fut la confiscation des liquidités et des effets personnels des migrants afin de financer le coût de leur séjour pendant l’examen de leur demande d’asile, comme le rapporte l’AFP.

Les bijoux, y compris les alliances ou bagues de fiançailles, devaient être confisqués mais le gouvernement avait reculé devant les remous provoqués à l’étranger par cette disposition comparée par le Washington Post à la spoliation des juifs par les Nazis.

Konbini news avec AFP