Les députés inscrivent la préservation des mers et océans dans la Constitution

Pour l’ancienne ministre des Outre-mer, Ericka Bareigts, cela permet enfin "l’entrée de la France océanique dans la Constitution".

Falaises d’Étretat. (© Konbini)

L’article 34 de la Constitution de 1958 stipule les domaines d’intervention de la loi française. Les députés, qui planchent depuis mardi 10 juillet sur le projet de loi de révision constitutionnelle, ont décidé de le modifier pour y faire figurer la protection des mers et des océans.

Jeudi 19 juillet, l’amendement en question a été voté avec 45 voix pour, pour un total de seulement 89 votants. Parmi les quarante députés qui se sont prononcés contre, 33 sont issus du groupe majoritaire de La République en marche.

C’est grâce à la persévérance de la députée du mouvement PLR (Pour La Réunion) de la 2e circonscription de la Réunion, Huguette Bello, que cette inscription a pu voir le jour. Cette dernière s’est réjouie, déclarant à l’Agence France Presse :

"Cet amendement présente l’avantage d’inscrire, pour la première fois, dans la Constitution française les mots 'mers' et 'océans'. Cette longue absence n’est pas anodine.

Mais le temps est venu de prendre en compte solennellement la dimension maritime de la France."

"Un symbole fort pour un pays bordé de 4 000 km de côtes"

Le territoire maritime français est le deuxième en taille au monde, rappelle Europe 1, après les États-Unis. Sa préservation est donc plus que nécessaire. Durant les débats préalables au vote, Huguette Bello avait plaidé des arguments commerciaux et d’inclusion des DOM-TOM : "avec une zone économique exclusive de plus de 11 millions de km², dont 97 % relèvent des territoires d’Outre-mer, l’espace maritime français est en effet considéré comme le deuxième territoire maritime mondial."

Pour Maina Sage, députée de la Polynésie française, cette modification constitutionnelle est une "énorme victoire". Même son de cloche du côté de l’ancienne ministre des Outre-mer sous la présidence de François Hollande, Ericka Bareigts, qui parle d’une "belle victoire" car, selon elle, cela consacre "l’entrée de la France océanique dans la Constitution". Enfin, pour le député LR de la 7e circonscription d’Ille-et-Vilaine, Gilles Lurton, il s’agit d’un "symbole certes, mais d’un symbole fort pour un pays bordé de 4 000 km de côtes".

Il y a quelques semaines, le biologiste et ancien président du muséum d’histoire naturelle, Gilles Bœuf, nous alertait au micro de Konbini news au sujet de la nécessité de protéger l’environnement marin. "Si demain, l’océan ne devient pas vivable, on aura beaucoup de mal nous aussi à vivre", prévenait-il.