Un magasin 100 % connecté et sans employés a ouvert à Hong Kong

Real Humans, saison 3.

(5 septembre à Hong Kong. Un homme teste le paiement via l’application Alipay. © Photo by Zhang Wei/China News Service/VCG)

En France, les caisses automatiques des supermarchés ont encore du mal à faire l’unanimité, de nombreuses personnes étant encore réticentes à l’idée de se passer de tout contact humain.

À Hong Kong, en revanche, on est déjà dans le futur : le magasin de vêtements AlipayHK Next Store a ouvert ses portes, et ce sans aucun employé pour accueillir ses nouveaux clients, rapporte Geeko.

Dans cet antre de la technologie de 400 mètres carrés, le client n’a qu’à sourire à l’entrée, scanner ce qu’il souhaite acheter et le tour est joué, explique le blog hi-tech :

"Un système de reconnaissance faciale se trouve à l’entrée du magasin : dès qu’un client se présente à la porte, le système détecte l’expression faciale du client qui sourit et génère un QR code que celui-ci doit scanner avec son portefeuille électronique pour que les portes s’ouvrent."

De même, le paiement s’effectue à la sortie du magasin grâce à un système de porte-monnaie connecté. Ce n’est donc pas le client qui devient vendeur ici, c’est tout bonnement le métier de vendeur qui disparaît.

Évidemment, la surface est truffée de caméras de vidéosurveillance pour éviter les vols. Le petit "plus" : des bras robotiques qui servent du café aux clients.

Devant tant de technologie, les animations kitsch et les dégustations de produits douteux nous manqueraient presque, et on peut craindre que l’avènement de ce type de magasins annonce la disparition de dizaines de métiers et l’extinction des commerces de proximité.

Prendre sa Tesla et aller faire ses courses avec Sofia

Si les avis concernant l’AlipayHK Next Store sont mitigés, aux États-Unis, les magasins de ce type prospèrent, et il n’y a rien de nouveau là-dedans. Le géant Amazon a imaginé dès 2016 des grandes surfaces sans caisses automatiques ni employés.

Exit les files d’attente interminables. L’enseigne a ouvert en 2017 son supermarché intelligent, Amazon Go, au système identique à celui d’Hong Kong, à un détail près : si les caissiers ont disparu, quelques employés subsistent pour superviser le bon fonctionnement de l’endroit.

Le succès fut tel que, début septembre, Amazon a ouvert son troisième magasin à Seattle et l’inauguration d’un autre est prévue prochainement à New York.

Et si ces derniers fleurissaient tellement vite que les employés de ces magasins se retrouvaient tous au chômage ? L’idée ne paraît pas si folle quand on sait que le robot Sofia a obtenu la nationalité saoudienne.

Pour lutter contre le développement de ce type de grandes surfaces, gérées uniquement par des robots, et contrebalancer les pertes de postes humains, le candidat socialiste à l’élection présidentielle de 2017, Benoît Hamon, qui imaginait déjà en 2030 prendre sa Tesla pour aller faire ses courses avec le robot Sofia, avait proposé l’instauration d’une "taxe robot".

L’idée : taxer les entreprises sur la richesse créée par les robots, afin d’éviter que les "bénéfices [aillent] uniquement aux actionnaires". Par robot, il entendait toute forme d’automatisation et prenait les exemples de ces supermarchés. Dans une interview accordée au magazine Quartz, Bill Gates avait lui aussi plaidé l’instauration de cette taxe.