Malgré sa mise à pied, Alexandre Benalla a perçu tout son salaire du mois de mai

Le porte-parole de l’Élysée, Bruno Roger-Petit, avait pourtant assuré le contraire il y a une semaine.

(© Patrick AVENTURIER/Gamma-Rapho via Getty Images)

Lors de son audition devant la commission d’enquête du Sénat, le directeur de cabinet du président de la République, Patrick Strzoda, a jeté un nouveau pavé dans la mare.

Interrogé au sujet du salaire perçu par M. Benalla, M. Strzoda a déclaré, à la stupeur générale :

"M. Benalla a touché pour le mois de mai son salaire intégral. En revanche, les quinze jours de suspension feront l’objet d’une retenue sur les droits à congés qu’il avait en reliquat au titre de l’année 2017."

On se rappelle pourtant des propos du porte-parole de l’Élysée, Bruno Roger-Petit, qui avait bel et bien déclaré le 19 juillet, tentant d’apaiser la polémique naissante, qu’après découverte de ses actions violentes le 1er mai, M. Benalla avait écopé d’une suspension de quinze jours assortie d’une suspension de salaire.

"Encore une anomalie dans cette affaire !"

Dans la salle d’audition ce mercredi, on distingue clairement la voix d’élus s’exclamer :"C’est scandaleux !" Amené à expliquer pourquoi l’ex-collaborateur du chef d’État avait été payé, M. Strzoda a développé ainsi : "il y a retenue sur salaire puisqu’il a droit à des congés que nous devons lui payer. Ils ne seront pas payés et ce sera l’équivalent de quinze jours de travail".

Cela a pu avoir lieu puisqu’il a été infligé à M. Benalla une "suspension" et non une "sanction", comprend-on. Ce qu’il a par la suite détaillé devant les sénateurs, comme le rapporte Le Monde, avançant une justification juridique :

"C’est une mesure de gestion dans la mesure où le décret de 1986 précise que la suspension, c’est avec le maintien du traitement.

Et donc, si l’on veut vraiment qu’il y ait une sanction financière, en termes de gestion, on a ce recours."

Après ces révélations, le sénateur socialiste du Nord et ancien ministre des Sports, Patrick Kanner, a relevé une nouvelle "anomie dans cette affaire" et fait savoir qu’il allait demander "officiellement" à ce que M. Benalla soit personnellement entendu.