Mexique : 133 politiciens ont été tués durant la campagne électorale

Le nombre de crimes politiques atteint un record historique.

À Ciudad Juarez, en 2008. (© Sarah L. Voisin/The Washington Post/Getty Images)

133 hommes et femmes politiques candidats (ou aspirants candidats) ont été assassinés au Mexique ces dernières semaines, alors que le pays s’apprête à voter pour ses élections générales. C’est ce que révèle une étude du cabinet Etellekt repérée par Le Monde. Comment expliquer ce record morbide ?

Tout d’abord, cela tient à l’ampleur des élections qui se tiendront ce dimanche 1er juillet au Mexique. Quelque 88 millions d’électeurs sont appelés aux urnes pour élire le président de la République, les députés, les sénateurs et de nombreux autres mandats locaux.

Selon Le Monde, ce sont en particulier des candidats aux élections locales qui ont été victimes de ces meurtres.

"Au moins 71 % des agressions ont visé des autorités élues ou des candidats qui aspiraient à des mandats locaux, particulièrement des postes dans les municipalités", a précisé Ruben Salazar, directeur d’Etellekt sur Radio Formula.

Les cartels de la drogue sèment la terreur

C’est l’élection la plus meurtrière de l’histoire du pays. Selon Emmanuelle Perez Tisserant, docteure en histoire et spécialiste des États-Unis et du Mexique interrogée par Konbini news, s’il est difficile de connaître les auteurs de ces meurtres, les soupçons se tournent principalement vers le milieu de la drogue :

"C’est un pays où il y a beaucoup de corruption et où il y a beaucoup de liens avec les cartels de la drogue. Pour cette raison, c’est très difficile de poursuivre les coupables."

Il suffit d’examiner le profil des victimes pour en avoir le cœur net : "Ça peut être des candidats qui voudraient trop affronter les cartels de drogue, et inversement il y a aussi le cas de cette candidate qui était probablement la fille du patron d’un cartel."

Le Mexique est un pays où la violence est endémique. L’an dernier, le nombre d’homicides y a atteint le chiffre record de 25 339.

Dimanche, le pays pourrait bien prendre un important tournant politique : après six années de présidence, Enrique Peña Nieto va probablement laisser la place à Andres Manuel Lopez Obrador, le grand favori des sondages. S’il venait à gagner, ce serait la première fois que la gauche aurait le pouvoir.