Montagne d’or : le projet de mine géante à ciel ouvert en Guyane va être révisé

Le rapport de la Commission du débat public recommande de revoir et d’améliorer le projet.

Une bonne nouvelle pour les défenseurs de l’environnement. Interrogé sur France Inter mercredi 5 septembre, le tout nouveau ministre de la Transition écologique François de Rugy s’est dit défavorable à la mise en place du projet de mine d’or géante en Guyane :

"Ma conviction est déjà qu’on ne peut pas le faire tel quel, c’est clair et net. Donc, il faudra le reprendre, d’une façon ou d’une autre."

S’il n’y a pas encore de quoi crier victoire, un rapport remis par la Commission du débat public semble partager son sentiment sur la "Montagne d’or". Ce projet très controversé a fait l’objet d’une consultation publique pendant trois mois. Les habitants du département d’Outre-mer ont pu participer à des réunions publiques et des ateliers thématiques afin d’éclaircir les zones d’ombre du projet. Bilan des courses : la consultation semble avoir renforcé les antagonismes.

L’opinion publique était déjà très divisée sur ce projet qui, s’il aboutit, serait le plus grand projet minier de France. Il s’agit de creuser un trou de 800 hectares d’envergure - l’équivalent de 32 stades de France - dans le nord-ouest de la Guyane française, au cœur de l’Amazonie pour extraire de l’or.

L’incertitude demeure

Certains voient la Montagne d’or à l’aune des emplois qu’elle est censée créer - près de 3 750 en tout, pour une exploitation qui doit durer 12 ans. Le département français souffre particulièrement du chômage. Selon France Info, 48 % des actifs de moins de 25 ans sont sans emploi dans cette région.

D’autres citoyens s’inquiètent des conséquences écologiques et des menaces que fait peser ce projet pharaonique sur les terres des Amérindiens. En quelques chiffres, la Montagne d’or c’est 57 000 tonnes d’explosifs, 46 500 tonnes de cyanure et 142 millions de litres d’essence.

À l’aune de ce rapport, le consortium russo-canadien à l’origine du projet, dispose de trois mois pour revoir sa copie et décider s’il souhaite poursuivre son développement.

Pour rappel, Emmanuel Macron s’est dit favorable à la mise en place de ce projet minier il y a un peu moins d’un an, lors d’un déplacement en Guyane. En juin dernier nous avions rencontré Christophe Pierre, porte-parole de la Jeunesse autochtone de Guyane. Il nous expliquait pourquoi il se bat contre ce projet.