Ouverture du procès des agresseurs de Clément Méric : l’un des suspects, en retard à l’audience, interpellé

L’ouverture du procès a été reportée à cette après-midi à cause de l’absence de Samuel Dufour, l’un des trois skinheads jugés cette semaine pour le meurtre de Clément Méric.

NurPhoto/Corbis via Getty Images

Le dispositif de sécurité était important ce mardi 4 septembre au matin devant la Cour d’Assises de Paris. Très attendu, le procès des agresseurs de Clément Méric cristallise énormément de colère. Durant les 10 prochains jours, trois hommes seront jugés pour le meurtre de cet étudiant de 18 ans, mort en 2013 sous leurs coups.

Le procès qui devait débuter ce matin a finalement été reporté en l’absence de Samuel Dufour, l’un des principaux suspects, comme en témoignent ces tweets de Maud Vallereau, journaliste à LCI.

Selon La Voix du Nord, le jeune homme de 25 ans, a finalement été interpellé lors d’un contrôle d’identité, alors qu’il s’approchait du Palais de Justice à moto. Le procès devrait donc pouvoir s’ouvrir cette après-midi.

Samuel Dufour est jugé pour violences "ayant entraîné la mort sans intention de la donner", aux côtés d’Esteban Morillo. Ils encourent 20 ans de prison. Un troisième homme, Alexandre Eyraud, est poursuivi pour violences aggravées, et encourt lui 5 ans d’emprisonnement.

Assassinat politique ou légitime défense

Les trois jeunes sont des skinheads, proches d’une mouvance violente d’extrême droite. Le 5 juin 2013, ils se retrouvent au même endroit que des militants d’extrême gauche à Paris dans le quartier de la gare Saint-Lazare. C’est une vente privée de la marque Fred Perry, prisée des deux groupes, qui les aurait amenés à se croiser ce jour-là, comme le raconte Europe 1.

Le ton monte rapidement et un affrontement éclate quelques centaines de mètres plus loin. Clément Méric, 18 ans et militant de l’Action antifasciste Paris-Banlieue reçoit deux coups de poing, portés au visage par Esteban Morillo. Il meurt le lendemain des suites d’une hémorragie cérébrale.

Le procès devra déterminer si Esteban Morillo a frappé Clément Méric au visage avec un poing américain, ce qui constituerait une circonstance aggravante, mais les expertises se contredisent sur ce point.

L’audience devrait également permettre de savoir s’il s’agit d’un meurtre politique, comme les camarades de Clément Méric l’affirment, ou bien de légitime défense, ce qu’arguent les avocats de la défense.

Le procès s’achèvera vendredi 14 septembre.