Pendant ce temps-là, Manuel Valls se laisse tenter par la mairie de Barcelone

En visite en Espagne, l’ancien Premier ministre a multiplié les rencontres avec les leaders politiques et économiques catalans.

Manuel Valls à Barcelone, en décembre dernier. (© Robert Marquardt/Getty Images)

Retour aux sources pour l’ancien Premier ministre. La semaine dernière, Manuel Valls a fait une visite très remarquée à Barcelone, sa ville d’origine, comme le raconte dans le détail le quotidien catalan La Vanguardia. Quatre jours entre Madrid et Barcelone, durant lesquels il a rencontré des dirigeants politiques et économiques locaux.

Depuis un mois la rumeur court : Manuel Valls pourrait se porter candidat à la mairie de Barcelone. De chez nous la nouvelle fait scandale, de l’autre côté des Pyrénées la presse est plus enthousiaste.

Dans un entretien accordé à L’Opinion lundi 28 mai, Manuel Valls confirme : "Je réfléchis à la proposition, je prendrai ma décision cet été." Avant d’ajouter : "Si ça marche, vous vous rendez compte le coup ?"

Depuis la fin chaotique du mandat de François Hollande et la chute du Parti socialiste, Manuel Valls est un peu orphelin. S’il siège à l’Assemblée dans le groupe de la majorité présidentielle, il a eu bien du mal à s’intégrer dans sa nouvelle famille politique.

"Me faire élire à Barcelone, c’est symboliser l’Europe par la preuve"

L’herbe étant toujours plus verte ailleurs, il renoue donc depuis plusieurs mois avec ses origines espagnoles, multipliant les conférences et prises de position sur la question catalane.

Toutefois, c’est Albert Rivera, dirigeant du mouvement Ciudadanos, qui est venu chercher le député de l’Essonne. Depuis, Manuel Valls se tâte à rejoindre ce mouvement. S’il y va, il tourne définitivement le dos au Parti socialiste qui l’a vu naître, Ciudadanos étant un parti libéral de centre droit.

Comme pour rééquilibrer les choses, il a rencontré la semaine dernière le Premier secrétaire du Parti des socialistes de Catalogne (PSC), Miquel Iceta, ou encore Narcís Serra, ancien numéro deux du gouvernement socialiste de Felipe Gonzalez, comme le rapporte BFM TV.

Si Manuel Valls n’a pas la nationalité espagnole, l’Union européenne autorise ses citoyens à se présenter dans n’importe quelle ville. Dans les colonnes de L’Opinion, l’ancien Premier ministre peine à dissimuler son enthousiasme : "D’un point de vue intellectuel, me faire élire à Barcelone, c’est symboliser l’Europe par la preuve. Qui d’autre pourrait en faire autant, à part Sarkozy à Budapest ou François Hollande à Tulle ?"

D’après un récent sondage publié par El Periódico, la maire actuelle Ada Colau, soutenue par Podemos, est encore la favorite des prochaines élections, prévue en juin 2019. De son côté, Manuel Valls s’est laissé jusqu’à cet été pour prendre la température et officialiser sa décision…

Ada Colau, en 2015. (© Barcelona En Comú/Wikimedia/CC)