Plan prison : Nicole Belloubet veut réduire la population carcérale de 8 000 personnes

La ministre de la Justice a présenté ce mercredi son plan visant à désengorger les prisons.

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Mercredi 12 septembre, Nicole Belloubet a dévoilé son plan prison, qu’elle va présenter ce jour en Conseil des ministres. En premier lieu, le budget de la justice sera augmenté "autour de 4 %”"et 1,7 milliard d’euros sera destiné à la construction de prisons, a annoncé la ministre sur l’antenne de France Inter.

L’annonce était vivement attendue par les détenus ainsi que les personnels d’établissements pénitentiaires, puisque le nombre de personnes détenues a atteint un nouveau record cet été avec près 71 000 prisonniers, quand le nombre de places était de moins de 60 000, rapporte Le Parisien. L’objectif de ce plan est de réduire la population carcérale de 8 000 personnes, en redéfinissant l’échelle des peines.

Pour ce faire, la garde des Sceaux compte supprimer les peines inférieures à un mois ferme, minimiser les peines inférieures à six mois et prôner les alternatives comme le bracelet électronique ou les travaux d’intérêt général, a-t-elle annoncé dans un entretien accordé au journal Les Échos.

"On a fait de l’emprisonnement la peine de référence unique, ce qui est inefficace quand elle est de courte durée. En dessous de six mois, elle désocialise plus qu’elle ne réinsère."

Il faut "donner un sens à la détention"

Autre objectif affiché : systématiser la libération sous contrainte aux deux tiers de la peine. Une nouvelle structure est nécessaire pour mettre en place et gérer tous ces changements. Une agence de travail d’intérêt général et du travail pénitentiaire va être créée à cet effet, a expliqué Mme Belloubet. En outre, le nombre de surveillants va être augmenté, avec l’embauche de 1 100 effectifs supplémentaires.

Le fait de décaler d’un ou plusieurs jours l’entrée ou la sortie de prison sera rendue possible, afin d’éviter encore une fois le manque de places. Enfin, le développement du travail en prison est préconisé.

Après l’annonce de ce plan, le Front National s’est insurgé, par la voix de son trésorier Wallerand de Saint-Just, qu'"au lieu de construire des places", on privilégie des "solutions plus laxistes. Quant à la France Insoumise, l’élu du Nord Ugo Bernalicis a fustigé "le tout carcéral d’abord, l’insertion plus tard". Pour la porte-parole des Républicains, Laurence Sailliet, Emmanuel Macron vide tout bonnement et simplement les prisons.

L’année dernière, Éric, détenu alors depuis deux ans, avait accepté de témoigner pour Konbini news à l’occasion d’une permission. Il nous avait expliqué que, selon lui, le système carcéral actuel ne jouait "absolument pas son rôle de réinsertion". Pour Éric, la nécessité est de "donner un sens à la détention".