Pour Gérard Collomb, les "migrants font du benchmarking"

Auditionné par le Sénat, le ministre de l’Intérieur a comparé les méthodes des migrants à celles des entreprises, dans leur façon de choisir un pays d’accueil.

Le ministre de l’Intérieur, qui rappelait ce matin la nécessité de préserver "la dignité des personnes" migrantes, était auditionné par le Sénat ce mercredi 30 mai pour présenter son projet de loi asile et immigration.

Alors qu’il expliquait le point du projet de loi qui consacre la possibilité d’allonger les délais de détention administrative de 45 à 90 jours, il s’est lancé dans une comparaison hasardeuse entre le Sénat et les personnes migrantes.

"Le Sénat aime beaucoup, pour pouvoir trouver ses propres repères, regarder les différentes législations pour voir comment on se situe par rapport aux autres pays européens", a-t-il expliqué avant de développer :

"Puis-je vous dire, monsieur le président [du Sénat], qu’il n’y a pas que le Sénat qui fait du benchmarking [une étude comparée de différentes offres proposées, ndlr] mais que les migrants aussi font un peu de benchmarking pour regarder les législations à travers l’Europe qui sont les plus fragiles."

Le "shopping de l’asile", épisode 2

Loin de se rendre compte de ce qu’il est en train de dire, Gérard Collomb poursuit :

"Vous voyez que telle nationalité, que là encore je ne citerai pas, elle se dirige plutôt sur tel pays, non pas parce qu’elle est plus francophile mais tout simplement parce qu’elle juge que là, c’est plus facile. Et donc, il vaut mieux aller là plutôt que de se faire rejeter assez vite dans un autre pays."

Cet épisode n’est pas sans rappeler des propos de la ministre chargée des Affaires étrangères Nathalie Loiseau, qui fustigeait dernièrement, en pleine Assemblée, les migrants qui "font le shopping de l’asile" :