Pour sauver les rhinocéros blancs, des chercheurs vont tenter la fécondation in vitro

La FIV s’ouvre… aux rhinocéros blancs !

(© Pixabay)

La mort du dernier mâle rhinocéros blanc du Nord, Sudan, en mars dernier, avait ému le monde entier. Avec seulement deux femelles restantes de cette espèce, Najin et Fatu, qui se trouvent en captivité au Kenya, la reproduction naturelle est devenue impossible. De nombreuses tentatives ont été effectuées avant le décès de Sudan, mais toutes ont échoué.

Pour tenter de perpétuer cette sous-espèce, des chercheurs veulent essayer la fécondation in vitro (FIV). Les scientifiques l’ont annoncé dans la revue scientifique Nature Communications ce mercredi 4 juillet. Les deux femelles étant trop âgées, ce ne sont pas elles qui vont être fécondées, explique Le Figaro. Il faut donc désormais attendre que les autorités kenyanes donnent leur autorisation au prélèvement d’ovocytes sur deux femelles rhinocéros blancs du Sud.

Thomas Hildebrandt et ses collègues travaillent sur ce projet et collectent des échantillons de liquide séminal depuis près de quinze ans sur des rhinocéros blancs, avant qu’ils ne meurent. Interrogé par The Guardian, ce professeur déclarait à propos de ces échantillons : "Ça n’a vraiment pas de prix, c’est une partie de l’héritage culturel du monde."

Le professeur Hildebrandt évoquait à la mort de Sudan une "course contre la montre". Assez optimiste, il déclarait : "Il est très probable que dans un futur proche, on ait une progéniture." Quant à ceux qui pourraient s’interroger sur la nécessité de préserver l’espèce, Thomas Hildebrandt répondait sans détour au quotidien britannique qu’il s’agit d’un questionnement "très arrogant" :

"Nous, les humains, on tue une espèce dans son habitat naturel très fragile, et ensuite on demande : 'Pourquoi est-ce important de la sauver ?' Cet animal est à la fin d’un système biologique complexe.

Ses selles produisent de la nourriture pour des milliers d’insectes. […] C’est comme l’architecte d’un paysage, duquel des dizaines d’espèces sont dépendantes."