Le premier bébé-éprouvette du monde, Louise Brown, fête son 40e anniversaire

Le 25 juillet 1978 naissait le premier bébé issu d’une fécondation in vitro, marquant un tournant scientifique majeur dans le domaine de la reproduction humaine.

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Le pari était risqué, et pourtant : le 25 juillet 1978, le monde assistait à la miraculeuse naissance de Louise Brown, le premier bébé-éprouvette au monde, à l’hôpital d’Olham, dans le nord-ouest de l’Angleterre. L’événement fit alors la une de tous les journaux britanniques.

Après plus de dix ans de dur labeur, le biologiste Robert Edwards, récompensé du prix Nobel de médecine en 2010, et le gynécologue Patrick Steptoe, sont parvenus à leurs fins en faisant naître Louise. Les scientifiques du monde entier tentaient de réaliser l’impossible depuis qu’en 1959, des chercheurs avaient fait naître des lapereaux par fécondation in vitro (FIV).

Cette révolution scientifique permit de donner un nouvel espoir aux couples étant dans l’incapacité d’avoir des enfants. Depuis la naissance de Louise, plus de 8 millions d’enfants sont nés par procréation médicalement assistée (PMA) dans le monde.

Louise Brown vit aujourd’hui à Bristol, mère d’un petit garçon né en 2006 et auteure d’une autobiographie parue en 2015.

En 2018, en France, 1 enfant sur 30 pourrait être conçu par PMA

En France, il faudra attendre 1982 et la naissance d’Amandine pour que le premier bébé-éprouvette français voie le jour. Trente ans après, le nombre d’enfants conçus par FIV atteignait les 300 000.

Et leur nombre pourrait rapidement augmenter dans l’Hexagone : en effet, en juin dernier, l’Institut national d’études démographiques (Ined) a publié un rapport prédisant qu’en 2018, un enfant sur trente pourrait être conçu par PMA.

Aujourd’hui, le Code de Santé publique français réserve l’assistance médicale à la procréation aux seuls couples hétérosexuels pour "remédier à l’infertilité d’un couple ou éviter la transmission à l’enfant ou à un membre du couple d’une maladie d’une particulière gravité."

Mais cela pourrait bientôt ne plus être le cas puisque l’ouverture de la PMA à toutes les femmes constituait une promesse de campagne du candidat Emmanuel Macron. Ce dernier avait alors qualifié le fait que la PMA ne soit pas ouverte aux couples de femmes et aux femmes seules de "discrimination intolérable".

Le député de La République en Marche Guillaume Chiche devait présenter jeudi 19 juillet une proposition de loi pour ouvrir la PMA à toutes les femmes, mais a finalement repoussé l’échéance, annonçant que le projet de loi serait débattu à l’Assemblée en 2019.

Il y a quelques semaines, la journaliste Myriam Levain, auteure du livre Et toi, tu t’y mets quand ?, prenait la parole pour expliquer sa décision de se rendre en Espagne pour congeler ses ovocytes. "C’est quand même dommage qu’on ne puisse pas le faire en France, pays pourtant pionnier de la PMA", se désolait-elle.