Présidentielle brésilienne : Lula jette l’éponge

Celui qui fut à la tête du Brésil de 2003 à 2011 capitule : il ne briguera pas de troisième mandat.

(© Danilo Fernandes/Brazil Photo Press/LatinContent/Getty Images)

Lundi 10 septembre, l’ancien président brésilien Luiz Inàcio Lula da Silva a publié une lettre dans laquelle il annonce renoncer à batailler pour se présenter à la présidentielle. Il s’adresse à ses soutiens populaires : "Le combat se poursuivra plus fort à travers vous."

L’icône de la gauche profite également de ce courrier pour passer le flambeau à Fernando Haddad, membre du Parti des travailleurs et ancien maire de Sao Paulo. Ce dernier doit prononcer un discours devant la prison de Curitiba, où est incarcéré Lula, rapporte Le Figaro.

En janvier, Lula avait été condamné pour corruption dans l’affaire Petrobras. L’ancien président est accusé d’avoir accepté un million d’euros de la part de l’entreprise OAS, après être intervenu dans l’attribution de contrats publics de l’entreprise d’État pétrolière Petrobras. Il aurait notamment reçu un triplex en bord de mer, en échange de l’attribution de ces marchés publics, alors qu’il était au pouvoir.

Un scrutin plus qu’incertain

Lula, qui a toujours nié sa culpabilité, persistait à vouloir se présenter à l’élection présidentielle, fort d’un soutien citoyen relativement important. En avril dernier, la Cour suprême avait refusé sa demande d’habeas corpus, le condamnant à purger une peine de douze ans de prison.

Enfin, en août, le Tribunal supérieur électoral a coupé court à ses projets en le déclarant inéligible en vertu de la loi Ficha Limpa, qui rend invalide toute candidature d’une personne ayant été condamnée en appel pour corruption, rapporte Reuters. L’ex-chef d’Etat était pourtant soutenu par la Commission des droits de l’homme des Nations unies.

Le premier tour de l’élection doit avoir lieu le 7 octobre prochain, sauf que le candidat d’extrême droite Jair Bolsonaro a été poignardé en pleine rue, le 6 septembre dernier. Ce dernier étant toujours "dans un état grave" et en soins intensifs, sa candidature est compromise. Avant sa tentative d’assassinat et en l’absence de Lula dans ce scrutin, les intentions de vote le donnaient grand vainqueur. Sans ces deux figures phares, l’issue de ce scrutin est donc plus qu’incertaine.