Traversée de la Méditerranée : le nombre de morts en mer ne cesse d’augmenter

Une personne sur 18 meurt en mer Méditerranée centrale.

© Konbini

C’était il y a trois ans déjà. La photo du petit Alan Kurdi, mort échoué sur les côtes turques faisait l’effet d’un électrochoc. Lundi 3 septembre le Haut-commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) a choisi cette date anniversaire pour publier un rapport semestriel recensant les arrivées des migrants sur les côtes européennes, et les nouvelles ne sont pas bonnes.

S’ils sont moins nombreux à tenter de rejoindre les côtes européennes qu’en 2017 à la même période, ils sont plus nombreux à perdre la vie lors de la périlleuse traversée. Depuis le début de l’année 2018, 1 600 personnes sont mortes ou ont disparu en mer Méditerranée et sur les routes pour rejoindre l’Europe.

"Il y a moins de personnes qui arrivent en Europe mais la traversée est beaucoup plus meurtrière qu’elle ne l’était l’année dernière", détaille Céline Schmitt porte-parole du HCR, interrogée par Konbini news.

Selon le rapport "Voyages du désespoir", une personne sur 18 meurt en Méditerranée centrale entre la Libye et l’Italie, contre 1 sur 42 en 2017. Le nombre de réfugiés à avoir perdu la vie sur les routes européennes a aussi presque doublé en un an.

Des naufrages de plus en plus importants

En 2018, l’Espagne est devenue le premier pays d’arrivée. En une année, le nombre de réfugiés débarqués sur les côtes grecques a doublé, certainement parce que l’Italie a drastiquement fermé ses frontières.

"18 500 personnes sont arrivées en Italie depuis le début de l’année 2018, contre 95 200 personnes l’année dernière. C’est une énorme diminution", constate Céline Schmitt.

En conséquence les centres de réception sur les îles grecques sont saturés. Bénévole sur l’île de Lesbos, Mélodie Maurel nous racontait en mai dernier, la détérioration des conditions d’accueil au camp de la Moria.

Selon la porte-parole du HCR c’est à cause d’une augmentation du nombre de naufrages au mois de juin :

"Il y a moins de capacité de sauvetage qu’il y en avait avant, parce que des restrictions ont été mises sur les ONG qui faisaient des sauvetages en mer. Il y a aussi des difficultés de débarquement, donc le travail est rendu plus difficile."

Depuis 2015, les flux migratoires ont baissé mais le voyage reste très meurtrier. Selon le HCR, il est donc primordial d’augmenter le nombre de voies légales, afin de dissuader les réfugiés de prendre ces routes dangereuses.