Pas-de-Calais : Sea Shepherd offre 10 000 euros de récompense pour démasquer les tueurs de phoques

WANTED.

(© Pxhere)

Depuis le mois de janvier, trois phoques ont été retrouvés morts sur les côtes du Pas-de-Calais. Leur autopsie a révélé que deux d’entre eux avaient été criblés de plombs, et que le troisième présentait des signes d’asphyxie. Qui se cache derrière ces crimes ? Difficile à dire.

Pour faire avancer l’enquête, l’association de défense des océans Sea Shepherd est prête à payer le prix fort. Elle promet en effet une récompense de 10 000 euros en échange de "toute information probante qui permettrait aux autorités d’identifier le ou les coupable(s)," comme elle l’explique dans un communiqué publié le 10 mai sur son site Internet.

L’association, qui double ainsi le montant de la récompense initialement proposée, a l’habitude d’offrir ce genre de prime. "En Asie, une récompense équivalente a permis l’arrestation de braconniers de tortues", explique la présidente de la branche française, Lamya Essemlali, interrogée par Le Parisien. Ce mode d’action, qui peut parfois faire aboutir une enquête, sert aussi à attirer l’attention sur le sort de certaines espèces menacées.

Un collectif antiphoques dans le viseur de Sea Sheperd

Le premier phoque a été retrouvé à Oye-Plage, début janvier. L’animal aurait été tué à bout portant d’une décharge en pleine tête. Les deux autres ont été découverts le dimanche 6 mai. L’un d’eux, qui présentait des signes d’asphyxie, aurait également été roué de coups. Selon Le Monde, le second aurait quant à lui reçu "huit plombs de chasse de gros diamètre au niveau du thorax", ainsi que des coups "violents au niveau du cou alors qu’il était agonisant", entraînant une hémorragie fatale.

Dans son communiqué de presse, Sea Sheperd met plus ou moins en cause un certain collectif antiphoques qui sévit dans la région.

"La montée en puissance d’un collectif antiphoques au niveau local, qui milite pour le déclassement des phoques de la liste des espèces protégées, a de quoi inquiéter."

Interrogé par le quotidien Nord Littoral, ce dernier nie toute implication : "On n’est pas des tueurs sanguinaires, comme certains essayent de le faire croire."

Sea Shepherd devrait également emboîter le pas à deux associations qui ont déjà porté plainte : le Groupement de défense de l’environnement dans l’arrondissement de Montreuil-sur-Mer (GDEAM-62) et la Ligue de défense des animaux (LPA).

Selon Le Parisien, qui précise qu’une enquête a été ouverte par le parquet de Boulogne-sur-Mer, les policiers privilégient la piste des pêcheurs : "Il est très vraisemblable que ce soit des pêcheurs qui ont remonté ces phoques dans leurs filets avec d’autres poissons", avance une source policière.

Si vous avez la moindre information sur le sujet, n’hésitez pas à contacter l’association Sea Shepherd.