Souffrance animale : des milliers de juments subissent toujours l’enfer des "fermes à sang"

Les "fermes à sang" continuent de faire scandale. Depuis plusieurs mois, des ONG dénoncent un traitement insupportable infligé à des juments, en Argentine et en Uruguay : les bêtes sont engrossées en permanence puis avortées. L’objectif ? Prélever des hormones utilisées en Europe dans l’industrie pharmaceutique.

Une nouvelle vidéo de l’association Welfarm vient confirmer les traitements macabres que subissent des juments dans les "fermes à sang" argentines et uruguayennes. Des milliers de bêtes y vivent l’enfer, en vivant cloîtrées, battues et saignées.

Dans ces exploitations, les juments sont engrossées, puis avortées quatre mois plus tard, sans anesthésie. L’objectif est de les faire saigner : entre 10 et 20 litres de sang sont prélevés par semaine. Les juments sont engrossées deux fois par an, puis terminent à l’abattoir.

Un business de l’horreur

Les éleveurs récupèrent au passage des hormones, qu’ils vendent à des laboratoires pharmaceutiques européens, dont certains basés en France. Le placenta des juments contient notamment une hormone prisée des laboratoires : l’eCG. Vendue un euro les 100 grammes, cette substance est au cœur d’un business qui existe depuis plus de 30 ans.

L’eCG est notamment utilisée pour synchroniser les naissances dans les élevages laitiers. Les juments sont donc saignées jusqu’à épuisement, pour que des éleveurs européens soient assurés que leurs bêtes aient leurs portées en même temps et qu’elles produisent du lait toute l’année.

"Cette hormone est vendue aux éleveurs français de chèvres, de brebis ou de truies, explique Adeline Colonat de l’ONG Welfarm à Franceinfo.

Selon la Fondation 30 millions d’amis, une alternative synthétique pourrait épargner les juments. "La molécule de synthèse aurait des effets proches de l’eCG, souligne Adeline Colonat. Les premiers résultats sont positifs. Mais cela ne pourra continuer à exister sans un financement des laboratoires." Toujours selon la fondation, le laboratoire français CEVA vient d’annoncer la création d’une enquête.