Un drone de Greenpeace en forme de Superman s'écrase sur la centrale nucléaire du Bugey

Greenpeace a fait de la sécurisation des centrales nucléaires son principal combat. Ses militants s'introduisent régulièrement dans l'enceinte de centrales pour alerter sur les risques sécuritaires.

Mardi 3 juillet au matin, un drone transformé en Superman et piloté par des militants de Greenpeace a survolé la centrale nucléaire du Bugey, à 25 kilomètres de Lyon. Après l’avoir fait entrer dans la zone interdite de survol, les militants l’ont volontairement fait s’écraser contre le mur de la piscine d’entreposage de combustible usé, accolée au réacteur 2.

"Cette action démontre une nouvelle fois l’extrême vulnérabilité de ce type de bâtiment, qui est pourtant celui qui contient le plus de radioactivité dans une centrale nucléaire", a expliqué Greepeace.

Son objectif : "Montrer que l’espace aérien n'[est] pas inviolable." Inquiète des risques d’actes malveillants, Greenpeace explique que ces centrales ont été construites dans les années 1970 et que, par conséquent, leur architecture n’a pas été conçue en prenant en compte les risques extérieurs, comme celui d’un crash d'avion.

Pour Greenpeace, les piscines de désactivation, destinées à stocker le combustible radioactif utilisé par le réacteur nucléaire pour produire de l’énergie, sont le "talon d’Achille" des centrales françaises. Ce combustible, qui dégage beaucoup de chaleur, y est refroidi afin de baisser son niveau de radioactivité. 

"La situation reste très inquiétante"

© Nicolas Chauveau / Greenpeace

"Si l’honneur de Superman est sauf, la situation reste très inquiétante", a déclaré l’ONG dans un communiqué. C’est loin d’être la première fois que Greenpeace entre illégalement dans une centrale nucléaire et s'expose à des poursuites judiciaires. L’ONG, qui appelle à une "bunkerisation" des piscines en urgence, fait tout son possible pour alerter sur la nécessité de sécuriser au plus vite les centrales nucléaires.

Jeudi 28 juin, 22 militants de Greenpeace avaient ainsi été condamnés à quatre mois de prison avec sursis pour s’être introduits dans une centrale nucléaire en Ardèche. 

En mars dernier, Jean-François Julliard, le directeur général de Greenpeace France, était venu expliquer à Konbini les motivations des militants. "Si [ils] parviennent à entrer aussi facilement, aussi rapidement, en quelques minutes, dans une centrale nucléaire, alors n’importe qui peut le faire", avertissait-il.