Un journal titre sur la polémique d’Arthur et de son chien-guide, des Monoprix le retirent de la vente

Contactée par téléphone, l’enseigne ne nie pas les faits. Elle évoque aussi des "menaces de mort" adressées au gérant du magasin de la Blancarde.

© Reuters/Charles Platiau

Le 21 septembre dernier, Arthur Aumoite s’est rendu dans le magasin Monoprix de la Blancarde à Marseille en compagnie de son chien-guide. Le gérant du magasin lui a alors demandé de laisser Loya à l’entrée, avançant des "questions d’hygiène". Ce dernier a campé sur ses positions, malgré la législation qui aurait dû le contraindre à laisser Arthur et Loya faire leurs courses "sereinement".

La scène a été filmée et diffusée très largement sur les réseaux sociaux, provoquant de multiples réactions indignées, obligeant l’enseigne à présenter ses excuses. Monoprix avait alors expliqué "condamne[r] fermement les faits qui se sont déroulés à Marseille" et avait formulé des excuses en ajoutant :

"Engagées depuis plusieurs années dans la lutte contre les discriminations, nos équipes sont formées à l’accueil de tous les publics et ont été sensibilisées à nouveau."

Le jeune homme a quant à lui accepté de témoigner au micro de Konbini news de cet événement et des suites judiciaires qu’il entend donner pour que cela "fasse jurisprudence" et n’arrive plus :

Au regard de la polémique grandissante, le journal La Provence a consacré sa une du mercredi 10 octobre à cette altercation et à la discrimination subie par Arthur, titrant "Scandale au supermarché". Toutefois, le média a été surpris d’apprendre par des lecteurs que son journal n’était pas distribué dans plusieurs Monoprix de la cité phocéenne.

Pour Monoprix, c’est "peut-être vrai"

Pour La Voix du Nord, Monoprix tente tout bonnement et simplement "d’étouffer l’affaire". La Provence a pour sa part expliqué avoir demandé des explications, mais n'a pas eu de retour à cette heure. À 20 minutes, un témoin a raconté que les vendeurs avaient "reçu l’interdiction" de vendre le journal, mais au service communication de Monoprix, on a avancé en début de journée une "rupture de stock".

Jointe par téléphone par Konbini en fin de journée, la communication de Monoprix tient un discours quelque peu différent. La responsable du département a assuré "qu’il n’y a eu aucune directive de la direction de Monoprix ou de consigne de retrait", mais "peut-être que l’information est vraie, peut-être que certains magasins l’ont retiré".

"Nous n’étions pas au courant", a-t-elle assuré, avant d’ajouter : "C’est très certainement une mauvaise réaction à la pression que subissent les équipes du magasin actuellement." Et de poursuivre :

"Le climat sur le magasin est vraiment compliqué. Il y a beaucoup de personnes qui viennent pour insulter les employés. […] Ce qui est difficile à vivre, c’est vraiment le lynchage des équipes sur les réseaux sociaux mais aussi la famille du directeur, qui reçoit jusqu’à des menaces de mort. Et puis les gens rentrent dans le magasin pour insulter les employés de 'connards', faire des doigts d’honneur…"

"Il faudra que l’on apprenne aux équipes que la censure de la presse, cela ne se fait pas et c’est un message que l’on martèlera parmi tant d’autres", a ensuite conclu la responsable de la communication.