La visite du prince saoudien à Paris relance la question de la libération du blogueur Raïf Badawi

L’épouse du blogueur Raïf Badawi, condamné en 2014 à dix ans de prison et à 1 000 coups de fouet pour "injures envers l’islam", demande à Emmanuel Macron d’exiger sa libération.

Lors d’une manifestation de soutien à Raïf Badawi en 2015, à Helsinki. (© Amnesty Finland)

Après trois semaines aux États-Unis et un passage en Angleterre, Mohammed Ben Salmane, le prince héritier d’Arabie saoudite, est arrivé en France ce dimanche 8 avril pour une visite officielle. Bien que la France veuille lancer un nouveau partenariat stratégique avec l’Arabie saoudite, de nombreuses ONG se méfient de ce rapprochement et alertent sur la situation des droits de l’homme dans ce pays.

Le cas de Raïf Badawi est particulièrement mis en avant. Ce blogueur de 34 ans a été arrêté le 17 juin 2012 pour des propos tenus sur son blog, dans lesquels il faisait notamment l’apologie de la liberté religieuse. En 2014, il a été condamné à 10 ans de prison et 1 000 coups de fouet, pour "injures à l’islam".

Car si le prince vient vanter ses réformes modernisatrices à Paris, Raïf Badawi est toujours en prison pour avoir défendu un projet de société libérale (et a également commencé à recevoir une partie de ses coups de fouet). Si la volonté de réforme du pouvoir royal est réelle, le test décisif qui la validera aux yeux de l’Occident pourrait bien être la libération du blogueur – lequel pourrait alors rejoindre sa femme, Ensaf Haider, et ses trois enfants réfugiés au Québec.

Ensaf Haider a récemment écrit une tribune, publiée par Le Monde et intitulée "Cher Monsieur Macron, n’oubliez pas de parler de Raïf !" Elle a déjà reçu différents prix en son nom, comme le prix Sakharov du Parlement européen, le prix PEN pour les écrivains, le prix de la liberté de la presse de Reporters sans frontières, ou encore le prix Daniel Pearl, décerné aux journalistes persécutés.