Au Portugal, les animaux sauvages seront désormais interdits dans les cirques

"Ces animaux, réduits à de simples marionnettes, à qui on a retiré leur dignité."

(© Vyacheslav Prokofyev/TASS via Getty Images)

Mardi 30 octobre, le Parlement portugais a décidé d’interdire les animaux sauvages dans les cirques. Lions, tigres ou encore éléphants : cette interdiction concernera plus de 1 100 animaux sauvages, par opposition aux animaux domestiques qui vivent dans l’entourage de l’homme et qui ont subi une modification de leurs caractéristiques à son contact.

Cette nouvelle législation nécessitant une certaine logistique, les dresseurs professionnels et les propriétaires auront jusqu’en 2024 pour se reconvertir et s’organiser. Ils devront inscrire leurs animaux sur un registre créé par le gouvernement, afin que ces derniers puissent être placés dans des refuges. Les professionnels du spectacle qui accepteront de se séparer de leurs animaux avant la fin de la période de transition pourront également bénéficier d’une aide de l’État pour faciliter leur reconversion professionnelle.

Les associations de défense des animaux se réjouissent de cette mesure forte. "Le Parlement a enfin compris que des cages plus grandes, des règles plus strictes ou davantage de contrôles n’étaient pas une solution au problème de ces animaux, réduits à de simples marionnettes, à qui on a retiré leur dignité", a réagi le député André Silva, du Parti Personnes-Animaux-Nature (PAN) qui a soumis ce projet de loi il y a près d’un an.

Et en France ?

Avec cette mesure, le Portugal rejoint la quarantaine de pays dans le monde et les dix-neuf pays européens qui limitent l’utilisation d’animaux sauvages dans les cirques. Mais comme en Belgique, en Autriche, en Bulgarie, en Croatie, en Lettonie, aux Pays-Bas, en Roumanie et en Slovénie, cette interdiction ne concerne que les animaux sauvages et non les animaux d’élevage. En Europe, seuls Malte, Chypre et la Grèce ont totalement interdit l’usage d’animaux dans les cirques.

En France, où il n’existe aucune législation, de nombreuses voix s’élèvent pour exiger des mesures similaires. Certains maires ont d’ailleurs décidé de devancer l’État en interdisant la venue de cirques dans leur commune. Selon la Fondation 30 millions d’Amis, une soixantaine de communes prohibent les représentations présentant des animaux sauvages, mais la capitale ne leur a pas encore emboîté le pas. Pour Pénélope Komitès, adjointe à la maire de Paris chargée des espaces verts, de la nature et de la biodiversité, il faut "travailler avec l’État décisionnaire mais aussi avec les circassiens".