Les espaces sauvages ne représentent désormais plus qu'un quart de la surface de la Terre

En 16 ans, une surface équivalente à celle de l'Inde a été perdue.

(© Noppawat Tom Charoensinphon pour Getty Images)

Il y a un siècle, seulement 15 % de la planète était exploitée par l'homme. Aujourd'hui, plus de 77 % de la surface de la Terre et 87 % de la surface des océans ont été modifiés par les activités humaines, nous indique une étude publiée le 31 octobre dernier dans la revue Nature. Dans l'océan, les zones protégées de la pêche, de la pollution ou de l'exploitation humaine sont presque uniquement situées dans les régions polaires. Et cette érosion des espaces sauvages s'accélère. Plus récemment, entre 1993 et 2009, c'est une surface équivalente à l'Inde qui a été perdue, soit 3,3 millions de km2.

Ces espaces sont pourtant des refuges vitaux pour des milliers d’espèces directement menacées par les activités humaines. Parmi tous les spécimens de plantes, d’amphibiens, de reptiles, d’oiseaux et de mammifères ayant disparu en 500 ans, 75 % ont été victimes de surexploitation ou d’activités agricoles.

Une répartition des espaces sauvages inquiétante

Désormais, vingt pays se partagent 94 % des territoires encore sauvages (si on exclut les eaux internationales et l'Antarctique). Et parmi eux, ce sont le Canada, l’Australie, les États-Unis, le Brésil et la Russie qui abritent 70 % des espaces protégés de la planète. C'est donc une lourde responsabilité qui leur incombe. Pourtant, trois de ces pays ne font pas de la protection de ces espaces une priorité et affichent même des politiques écologiques inquiétantes.

Aux États-Unis, bien que certaines zones soient protégées par la loi, grâce par exemple au US Wilderness Act qui protège 37 000 km2 de forêts fédérales depuis 1964, Trump a retiré son pays de l'accord de Paris pour le climat, scellé lors de la COP21 en 2015. Le Brésil vient quant à lui d'élire à sa tête Jair Bolsonaro qui, bien qu'il ait affirmé que son pays resterait dans l'accord pour le climat, veut permettre aux industriels, notamment ceux du secteur minier, d’exploiter la forêt amazonienne. Et en Russie, l'écologie est la grande absente du programme politique de Vladimir Poutine, qui nie la responsabilité de l'homme dans le réchauffement climatique.

"Les pays doivent légiférer et ne pas laisser l'industrie y pénétrer. La nature a besoin d'une pause", alerte pourtant James E. M. Watson, auteur principal de l'étude publiée dans la revue Nature.