Appel à la "purge" des policiers pour Halloween : le jeune homme assure que c'était une "blague au pif"

"Tu fais des blagues au pif sur Snap et tu te retrouves l’homme le plus recherché de France pour une stupide purge qui n’aura jamais lieu.”

“C’est une dinguerie, en l’espace de deux jours, j’ai remplacé Redoine Faïd" : sous le pseudo "Aissabcl", un jeune homme peine à comprendre le tourbillon médiatico-judiciaire dans lequel il est pris depuis qu'il a posté sur Snapchat le règlement de "La Purge". Cette dernière consistait à semer le trouble violemment durant la nuit d'Halloween.

Titrée “Les règles officiel [sic]”, sa publication énumérait plusieurs principes sous forme de commandements comme : “tous les coups sont permis”, “venir en aide aux blessés est interdit”, “toute arme est autorisée”, “toutes les structures étatiques comme les mairies et commissariats sont autorisées à être attaquées” ou encore “toutes les équipes qui se croisent doivent s’affronter”.

Lundi 29 octobre, en quelques heures, ces règles de la purge version française, clairement inspirées du film américain La Purge dont le synopsis est le suivant : “durant une période de 12 heures, une fois par an, les citoyens peuvent se livrer à tous les crimes, même au meurtre, sans craindre une intervention de la police ou une quelconque poursuite”, ont fait le tour des réseaux sociaux.

"Tous les comicos veulent ma peau"

© Drew Angerer/Getty Images/AFP

Sur Twitter, le jeune homme a tenté d'endiguer les conséquences de sa publication et de raisonner ceux qui l'auraient pris au sérieux : “j’ai un message à faire passer là : c’était une grosse blague, ça ne sert à rien de vous affronter, de monter des équipes. À tous les jeunes des équipes, à [tout le monde], ne faites absolument rien, c’est de la merde.

Mais les explications du jeune homme ne semblent pas rassurer tout le monde et beaucoup d'internautes ont souligné les dégâts qu'elle pourrait engendrer si elle était prise au sérieux, tels que ceux-ci :

 

“C’est une dinguerie, en l’espace de deux jours, j’ai remplacé Redoine Faïd, j’suis l’homme le plus recherché de France, tous les comicos [sic] de France veulent ma peau”, a déclaré le jeune homme dans une vidéo. 

Les forces de l’ordre ont annoncé que le jeune homme avait été placé en garde à vue pour “provocations à la violence envers les forces de l’ordre” après qu'ils ont pris contact avec lui, évidemment... sur les réseaux sociaux : 

Il a également publié une série de vidéos où on le suit jusqu’au commissariat : “Bon la mif, là jsuis dans le tram’ qui m’emmène à la mort. Prochain arrêt : hôtel de police, ma gueule”. 2018, quand tu nous tiens !

Christophe Castaner et Marine Le Pen s'insurgent

L’affaire est allée jusqu’à susciter une réaction du ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner, qui a annoncé qu’il comptait porter l’affaire devant la justice :

“Appeler à la ‘purge’ contre nos policiers, c'est appeler au meurtre. Et cela, je ne l'accepterai jamais.

Une plainte a été déposée à mon initiative pour que ces comportements fassent l'objet de poursuites judiciaires.”

Puis Christophe Castaner a ajouté : “L'auteur a été identifié. Il prétend que c'est ‘une mauvaise blague’, il sera poursuivi. Indéfectible soutien à nos forces de l'ordre.” La présidente du Rassemblement national, Marine Le Pen, avait elle aussi pris la parole sur les réseaux sociaux :

À ce propos, le jeune homme a rétorqué sur son compte Snapchat : “Même Marine Le Pen s’en mêle, il manquait plus qu’elle !”