Fausse proposition de loi sur la glottophobie : "ce n'était pas une blague", assure la députée LREM

Selon Laetitia Avia, sa proposition de loi sur la glottophobie "n'était pas une blague". En même temps, elle confirme que son texte ne sera jamais déposé. 

La proposition de loi visant à faire de la glottophobie une discrimination punie par la loi est-elle vraie ou est-ce une blague ? "Non, la proposition de loi en tant que telle n'a pas vocation à être déposée", tranche Laetitia Avia, interrogée par Konbini news ce lundi 22 octobre.

Vendredi 19 octobre, la députée La République en marche avait pourtant posté ce tweet : "Parce que nos accents sont notre identité, je dépose, avec des députés LREM, une proposition de loi pour reconnaître la glottophobie comme source de discrimination", en légende d’un texte qui avait tout l’air d’être une sérieuse proposition de loi sur la question.

Puis, dès le lendemain, elle semble se rétracter dans un nouveau tweet : "Bon, on ne va pas légiférer demain sur le sujet", écrit-elle avec une émoticône qui roule des yeux, suivi d’un "smiley face" goguenard.

Dimanche 12 octobre, elle s’explique finalement dans les colonnes du Journal du dimanche, confirmant ce que son tweet laissait entendre. Cette proposition de loi était une "blague" :

"Il n’est pas question de légiférer là-dessus, j’ai trop de ­respect pour nos institutions. Mais je suis heureuse d’avoir révélé un vrai sujet de société."

Et d’ajouter : "On a rédigé le texte en moins d’une heure, en prenant pour références les deux premiers articles qui apparaissent sur Google lorsqu’on cherche le mot 'glottophobie'.'"

La blague passe mal. Le sujet fait la une de l’actualité depuis que Jean-Luc Mélenchon a rabroué méchamment une journaliste de France 3, avant de moquer son accent du Sud :

"Vous dites n’importe quoi. Est-ce que quelqu’un peut me poser une question en français et à peu près compréhensible ? Parce que votre niveau me dépasse."

De nombreuses personnes se sont senties blessées par la remarque du chef de La France insoumise, à l’image de Jean-Michel Aphatie, que nous avons rencontré le lendemain : "C’est vraiment dégueulasse en fait. […] C’est une forme de discrimination insupportable."

Interrogée par Konbini news au lendemain de la publication du JDD, la députée LREM semble regretter ses propos : "Non ce n'est pas une blague, mais on ne va pas légiférer demain sur ce sujet, l'acte législatif ne se fait pas en une heure." 

Pourquoi ce rétropédalage ? Le JDD aurait-il menti ou bien – et c’est plus probable – la députée aurait-elle préféré se rétracter face au tollé suscité par sa "blague" ? Le doute est permis.

Toujours est-il que si la proposition de loi n'est pas une blague, elle n'en sera pas pour autant déposée à l'Assemblée nationale : 

"Non, la proposition de loi en tant que telle n'a pas vocation à être déposée. C'était à la foi une pique à Jean-Luc Mélenchon et à la fois un éveil des consciences au sujet de cette moquerie à l'encontre d'une journaliste."

Si la députée voit dans l'ébauche de ce texte "le point de départ d'une discussion, d'un débat sociétal" qui pourrait à terme conduire à une proposition de loi digne de ce nom, de nombreux internautes n’ont pas manqué de relever que la glottophobie est déjà interdite par l’article 225-1 du Code pénal ainsi que plusieurs traités européens.