Chlordécone : les sols de la Martinique sont pollués pour 700 ans

"Tout ce qui est issu du sol est contaminé. Les sols sont pollués, les nappes phréatiques sont polluées, les rivières sont polluées et on découvre aujourd’hui que le littoral et les produits de la pêche sont impactés. Un tel scandale n’aurait jamais vu le jour dans l’Hexagone."

Hugo Clément et Clément Brelet se sont rendus en Martinique. Là-bas, les sols sont pollués pour les 700 prochaines années en raison de l’utilisation du chlordécone, un pesticide ultra-toxique utilisé dans les bananeraies. Ce neurotoxique trouble la reproduction et est responsable de beaucoup de cancers de la prostate.

Sous la pression des lobbies agricoles, le chlordécone a été autorisé aux Antilles françaises de 1970 à 1993, alors que l’interdiction en métropole a eu lieu en 1990. "Il faut que l’État prenne l’entière responsabilité de cette affaire, on se fout de nous", estiment plusieurs Martiniquais.

Plus de 90 % des Martiniquais et Guadeloupéens sont contaminés au chlordécone aujourd’hui et 92 % des Martiniquais ont du chlordécone dans le sang. "L’État savait, la vérité a été cachée aux planteurs et à la population", assure Louis Boutrin, l’avocat chargé de la défense de deux associations martiniquaises qui ont porté plainte pour "mise en danger de la vie d’autrui".

Konbini news est aussi allé à la rencontre de Samuel, qui a déclaré un cancer de la prostate après avoir manipulé du chlordécone pendant plus de quarante ans, sans équipement. Enfin, Hugo Clément a interpellé le ministre de la Transition écologique et solidaire, Nicolas Hulot, au sujet de l’indemnisation des victimes, alors que l’État continue à dire qu’il n’existe aucun lien entre le cancer et l’utilisation du chlordécone - une position contredite par la médecin Christiane Dispagne -, qui rétorque : "on verra, on verra".