Jacques Audiard : "Si nous ne disons rien, si nous ne faisons rien, Oleg Sentsov va mourir"

"Si nous ne faisons rien, si nous ne disons rien, Oleg Sentsov va mourir. Pas durant la Coupe du monde, ça ferait mauvais effet. Mais après, en douce, clandestinement."

"Nous voulons croire qu’il est encore temps d’agir" : au nom de la Société des réalisateurs de films (SRF), l’immense Jacques Audiard se mobilise pour la libération d’Oleg Sentsov. Le réalisateur ukrainien entame ce 6 juillet son 55e jour de grève de la faim, commencée pour "exiger la libération de tous les 'prisonniers politiques' ukrainiens détenus injustement".

Père de deux enfants, Oleg Sentsov a été arrêté il y a quatre ans après s’être opposé à l’annexion de la Crimée par la Russie, "alors qu’il voulait témoigner, avec pour seules armes ses convictions et sa caméra", explique le cinéaste. Enlevé par les services secrets, torturé puis condamné à une peine de vingt ans de prison pour terrorisme, "notre confrère croupit dans une colonie pénitentiaire", poursuit-il.

Une pétition, disponible ici, a été lancée par la SRF pour "conjur[er] toutes les personnes en capacité d’agir, ici, en Europe, ailleurs, partout, à utiliser tous les moyens en leur possession pour aider à sa libération".