Le trafic de drogue va être intégré dans le calcul du PIB en France

Les revenus générés par le trafic de drogue vont être pris en compte dans le calcul des richesses de notre pays.

François Cluzet et Omar Sy dans Intouchables de Olivier Nakache et Eric Toledano. (© Gaumont Distribution)

Ne pas tourner le dos à la réalité. Le produit intérieur brut (PIB) reflète l'activité économique interne d'un pays. Or l'argent généré par le trafic de drogue fait bien partie de l'économie. Donc il doit être pris en compte dans le calcul du PIB.

C'est suivant cette logique implacable que l'Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) a finalement choisi d'intégrer le trafic de stupéfiants dans les données qu'elle utilise pour calculer l'ensemble des richesses générées sur notre territoire, comme le rapporte Libération.

Dans un communiqué publié mardi 30 janvier, l'Insee a déclaré qu'il allait désormais "tenir compte de la consommation de stupéfiants et des activités liées à cette consommation sur le territoire national".

Une légère hausse à prévoir

Après plusieurs années de tractations, la France se range donc à l'avis de l'Union européenne. Eurostat – le pendant de l'Insee à l'échelle européenne – recommandait depuis 2013 l'intégration des données liées à la prostitution et au trafic de drogue dans le calcul du PIB.

Il s'agissait d'harmoniser la situation avec les pays où la prostitution et la consommation de stupéfiants sont légales comme les Pays-Bas par exemple.

Si la France refuse toujours d'intégrer la prostitution, dès le mois de mai prochain l'Insee tiendra compte des revenus générés par le trafic de stupéfiants dans le calcul du PIB. Selon l'Insee, ce changement va générer environ deux milliards en plus, soit à peine 0,1 du PIB.

Mais les analyses varient. En effet, il est difficile de calculer les activités liées au trafic de drogue qui sont par définition illégales.